Le cardinal Barbarin accusé de "harcèlement moral et sexuel" par un ancien séminariste

Le cardinal Barbarin accusé de "harcèlement moral et sexuel" par un ancien séminariste
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ÉGLISE - L'archevêque de Lyon, bientôt jugé en appel pour "non-dénonciation d'abus sexuels" dans le cadre de l'affaire Preynat, est accusé de harcèlement par un ancien séminariste.

Huit mois après sa condamnation pour non-dénonciation d'agressions pédophiles commises par un prêtre de son diocèse,le cardinal Barbarin doit faire face à de nouvelles accusations qui, cette fois, concernent directement son comportement.

Selon une enquête de Frédéric Martel parue dans l'Obs, Benoît Quettier, un ancien séminariste aujourd'hui marié, accuse le cardinal de "harcèlement moral et sexuel" entre 2006 et 2012, tout en reconnaissant qu'il n'y avait eu aucune agression sexuelle. L'ex-séminariste relate des entretiens privés, tard le soir : "Il fallait venir tout de suite. Il alternait les effets de tendresse et les humiliations. J’étais assez innocent et je ne comprenais pas ce qu’il cherchait, s’il voulait me faire rentrer dans sa cour ou s’il me faisait la cour".

Des "questions d'ordre sexuel"

"J’ai toujours été choqué par ses méthodes, par ses allusions, par ses questions d’ordre sexuel. C’était très déstabilisant", ajoute l'ancien séminariste dans un mémoire de douze pages transmis à la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l'Eglise. Benoît Quettier confie même avoir dû consulter un psychiatre, affirme avoir repoussé les avances de plusieurs prêtres et se dit persuadé d'avoir été renvoyé à cause de son hétérosexualité. Or le cardinal Barbarin "a justifié le renvoi en expliquant que j’étais homosexuel", précise la victime présumée, qui a ensuite saisi les prud’hommes.

Un article qui est publié quelques jours seulement avant le procès en appel du cardinal, jugé pour non-dénonciation d'abus sexuels en marge de l'affaire Preynat. "Nous regrettons la parution dans un hebdomadaire d'une 'enquête', ou se voulant telle, concernant Monsieur Philippe Barbarin, évêque de Lyon, et ce à quelques jours de l'audience d'appel devant la cour de Lyon", écrivent dans un communiqué transmis à nos confrères de l'AFP Mes André Soulier et Jean-Félix Luciani, les avocats du cardinal Philippe Barbarin. 

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Une enquête "abracadabrantesque" selon ses avocats

L'enquête de Frédéric Martel, qui brosse dans l'hebdomadaire un portrait peu flatteur de Mgr Barbarin, est "'abracadabrantesque', 'marypoppinesque'", estime Me Soulier.  Les avocats précisent dans leur communiqué que le cardinal Barbarin avait proposé "à l'auteur de cette 'enquête', qui souhaitait un rendez-vous, une rencontre au mois d'avril 2020, c'est-à-dire une fois les échéances judiciaires passées", celles du procès en appel de Mgr Barbarin, dont la décision pourrait intervenir début 2020, et du procès du père Preynat, programmé du 13 au 17 janvier. Mes Soulier et Luciani et leur client "attendent pour leur part l'audience prochaine, réservant ainsi leurs explications aux juges de la cour d'appel de Lyon", ajoutent les avocats. 

Mgr Barbarin a été condamné le 7 mars 2019 à six mois de prison avec sursis dans le cadre de l'affaire Preynat. Ses avocats ont fait appel et le cardinal a alors annoncé qu'il allait remettre sa démission au pape. Une démission refusée par ce dernier, qui a invoqué "la présomption d'innocence". Depuis, le cardinal Barbarin s'est mis en retrait dans son diocèse.

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