Le covid responsable d'une recrudescence de noyades ?

Le covid responsable d'une recrudescence de noyades ?
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NOYADES - Avec la fermeture de nombreuses piscines municipales, certains se rabattent sur des plans d'eau interdits à la baignade, comme les lacs ou les rives de certains fleuves. De comportements dangereux qui font exploser les chiffres des interventions des pompiers et sauveteurs.

Mercredi, deux frères de 12 et 16 ans ont trouvé la mort en faisant du paddle dans l'Aude sur un lac interdit à la baignade.  Chaque année, un millier de noyades sont recensées et c'est la première cause de mortalité par accident de la vie courante chez les moins de 25 ans. Et si le nombre de noyades était en baisse en ce début d'été en raison de moins de départs en vacances ou tout simplement de fermetures des piscines et lieux de baignades, les cas semblent reprendre depuis quelques semaines. 

Dans le département du Rhône, comme partout ailleurs, les sites de baignade sont limités en nombre de personnes. Le lac de Miribel-Jonage où la baignade est surveillée, ne peut accueillir toutes les personnes, de même que les piscines pour lesquelles il faut souvent réserver des créneaux. Résultat, beaucoup sont tentés de piquer une tête sur les berges du Rhône. Surtout avec le mercure qui grimpe cette semaine. Mais attention, il est interdit de s'y baigner. Interdit et dangereux. 

Le confinement en cause ?

C'est d'ailleurs là qu'ont lieu la majorité des accidents. "Ce ne sont pas des cours d'eau tranquilles, que ce soit le Rhône ou la Saône. Il peut y avoir des embâcles, des troncs d'arbre charriés par le cours d'eau, par exemple", détaille le Lieutenant-colonel Philippe Bourgin, Chef de caserne de Lyon Confluence.

Douze décès ont déjà eu lieu dans le département, trois fois plus que l'an dernier sur la même période. Comment expliquer une telle hausse ? "On met ça sur le confinement, on ne voit pas d'autres explications. L'année dernière, nous avions neuf sorties pour des personnes tombées à l'eau, sur la même période. Cette année, nous en sommes à 34. On a jamais vu ça", explique un pompier, à TF1. 

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Les pompiers surveillent les abords du fleuve, chaque soir et week-end, les moments où l'on dénombre le plus de noyades. Les victimes n'ont qu'une vingtaine d'années, en général. Mais les moins de 25 ans, ne sont pas les seuls concernés. Les plus âgés peuvent aussi être victimes de noyade. "Souvent, les gens estiment mal la distance, ils veulent rejoindre une île et se rendent compte qu'elle est plus loin que ce qu'ils pensaient et ont des problèmes pour revenir", explique à TF1, Jean Luc Toussaint, responsable sécurité du Grand Parc près de Lyon.

Entre 2015 et 2018, les pouvoirs publics ont constaté une hausse de 30% des noyades accidentelles. Alors pour l'été 2020, Santé publique France a mis en place, à la demande du Ministère des Solidarités et de la santé, une surveillance spécifique des noyades. Pour la première période d’observation (du 1er au 30 juin), les enfants de moins de 6 ans, demeurent les principales victimes des noyades accidentelles (45%) et les + de 65 ans représentent 14% des noyades. Entre le 1er juin et le 30 juin 2020, 157 passages aux urgences pour cause de noyade en France ont été enregistrés dans le réseau de surveillance OSCOUR. 

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