Le Gilet jaune Maxime Nicolle peut-il obtenir une carte de presse ?

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À LA LOUPE – Figure des Gilets jaunes, Maxime Nicolle va intégrer l'équipe de QG, une web-télé lancée il y a quelques mois. Sur sa page Facebook, il a confirmé qu'il ferait dès que possible une demande de carte de presse. Peut-il y prétendre ?

Suivi par plus de 145 000 personnes sur sa page Facebook, Maxime "Fly Rider" Nicolle est l'une des figures médiatiques du mouvement des Gilets Jaunes. Dans les semaines qui viennent, le trentenaire va intégrer l'équipe de Quartier Général (QG), une web-tv fondée il y a quelques mois par la journaliste Aude Lancelin (passée par L'Obs et Le Média). Il participera à une émission intitulée "Quartier jaune". 

L'intéressé a confirmé l'information, et expliqué dans une récente vidéo qu'il touchera "un peu plus de 1000 euros" par mois pour ce nouveau travail. Par ailleurs, il assure qu'il va obtenir "le droit d'avoir une carte de presse trois mois après son entrée". 

Cette annonce a suscité une multitude de réactions sur les réseaux sociaux. 

La demande de Maxime Nicolle peut-elle aboutir ?

Précision utile : il n'est pas indispensable de disposer d'une carte de presse pour effectuer un travail de journaliste. Néanmoins, cette carte permet d'accéder à certains événements réservés à la presse, ainsi que de disposer d'une série d'avantages, parmi lesquels des avantages fiscaux. Si Maxime Nicolle souhaite obtenir cette carte, il lui faudra effectuer sa demande auprès de la CCIJP, ou Commission de la carte d'identité des journalistes professionnels. C'est elle qui statue sur chaque nouveau dossier, et se charge des renouvellements annuels. 

Contactée par LCI, la commission précise que la personne à l'origine de la demande dot "remplir des conditions précises définies par le code du travail et spécialement son article L.7111-3 qui définit le statut du journaliste professionnel". Quelles sont ces conditions ? "Il faut avoir exercé la profession durant au moins trois mois consécutifs précédant la demande et tirer de cette activité plus de 50 % de ses ressources. Les fonctions doivent être de nature journalistique et exercées pour une ou plusieurs publications périodiques, entreprises de presse ou agences de presse." Rien de bloquant, donc, au premier abord. 

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Pour effectuer une demande Maxime Nicolle devra donc attendre au minimum trois mois. Il faudra également veiller à ce qu'il soit salarié en tant que journaliste. Le Gilet jaune breton devra peut-être s'armer d'un peu plus de patience : lorsqu'une demande de carte est effectuée, la CCIJP examine le média ou la structure pour laquelle travaille le ou la journaliste. Si celle-ci dispose d'une reconnaissance officielle (un numéro délivré par la Commission paritaire des publications et agences de presse), la procédure est simplifiée. Dans le cas d'un jeune média comme QG, qui ne dispose pas encore d'un tel numéro, une demande peut s'avérer plus compliquée. 

Un profil particulier

Les activités militantes de Maxime Nicolle peuvent-elles le priver d'une carte de presse ? En théorie non, surtout si la CCIJP estime qu'il effectue avec rigueur son travail journalistique. Dans son dossier, il devra ainsi fournir des éléments permettant à la commission d'observer son travail, une étape classique pour toute nouvelle demande. 

"En dehors des critères légaux, les membres de la commission vérifient qu'il s'agit bien au quotidien d'une activité de journaliste, ils ne se fient pas uniquement à la fonction inscrite sur la fiche de paie", précise Dominique Pradalié, secrétaire générale du SNJ, le syndicat majoritaire dans la profession. Qu'un membre des Gilets jaunes puisse intégrer le sérail des journalistes ne lui pose pas de souci, d'autant plus qu'aucun cursus scolaire particulier n'est requis pour obtenir la carte. "C'est essentiel pour le pluralisme", tonne-t-elle, avant de glisser qu'elle connaît de "très mauvais journalistes sortis d'écoles reconnues. Il faut que les gens puissent venir de tous les horizons".

S'il a surpris de nombreux internautes, le souhait de disposer d'une carte de presse affiché par Maxime Nicolle pose aussi quelques questions. Épinglé par les médias pour avoir relayés des fake news via sa page Facebook, il lui faudra prouver à la CCIJP que son travail correspond bien à celui d'un journaliste professionnel, avec le respect des codes déontologiques qui l'accompagne.

Recruté par QG pour suivre et analyser les mobilisations des Gilets Jaunes, Maxime Nicolle aura fort à faire. Dans son dernier baromètre de la confiance dans les médias, La Croix indiquait que 32% seulement" des Français interrogés se disaient "satisfaits par la couverture médiatique de ce mouvement social et 51% estim[ai]ent qu'il a[vait] été mal traité".

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