"Les Blancs pensent être supérieurs" : accusé de racisme, Lilian Thuram se défend

"Les Blancs pensent être supérieurs" : accusé de racisme, Lilian Thuram se défend
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CONTROVERSE - Après des cris de singe dans un stade italien, l'ex-footballeur a accordé une interview au Corriere dello Sport, dans laquelle il a prôné la fermeté contre le racisme et affirmé qu'il y a "du racisme dans la culture italienne, française, européenne et plus généralement dans la culture blanche".

Les récentes déclarations de Lilian Thuram ont fait renaître un débat vivace sur la notion de racisme. L'ancien footballeur et champion du monde en 1998 s'est exprimé dans un quotidien italien après que des cris de singe ont été entendus lors du match Cagliari-Inter Milan, le 1er septembre. Mais en évoquant le "racisme dans la culture italienne, française, européenne et plus généralement dans la culture blanche", puis en affirmant que "les Blancs pensent être supérieurs et ils croient l'être", l'ex-international français a été accusé de racisme en France.

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Dans son interview au Corriere dello Sport, Lilian Thuram a d'abord dénoncé "l'hypocrisie" des responsables italiens qui n'ont pas réagi au cris de singe visant l'attaquant belge Romelu Lukaku à Cagliari. L'ancien défenseur français a appelé à prendre exemple sur la récente décision de la Ligue de football professionnel en France, qui interrompt désormais les matchs en cas de comportement homophobes.

C'est la suite de l'entretien qui vaut à Lilian Thuram d'être accusé de racisme. Que dit-il ? "Quand on parle du racisme, il faut avoir conscience que ce n'est pas le monde du football qui est raciste, mais qu'il y a du racisme dans la culture italienne, française, européenne et plus généralement dans la culture blanche", affirme d'abord l'ex-footballeur, avant d'ajouter : "Les blancs ont décidé qu'ils étaient supérieurs aux noirs et qu'avec eux ils peuvent faire tout se permettre. C'est une chose qui existe depuis des siècles malheureusement. Et changer une culture n'est pas facile."

La Licra regrette une "essentialisation"

La Licra a réagi dans un communiqué, regrettant les déclarations de Lilian Thuram. "Il n’est pas possible d'essentialiser un groupe - en l'occurrence 'les Blancs' en le définissant globalement par des caractéristiques uniques qui vaudraient pour l'ensemble de ses membres", affirme l'association antiraciste, qui évoque également une phrase "qui crée un monde avec les 'Blancs' d'un côté et les 'Noirs' de l'autre".

Qui accuse Thuram ? Qui le défend ?

Plusieurs responsables politiques d'extrême-droite ont réagi aux déclarations de Lilian Thuram, comme le membre du bureau national du Rassemblement national Jean Messiha, qui associe les propos du sportif aux différentes "suprémacismes : blanc, noir, musulman". Florian Philippot, président du mouvement Les Patriotes estime pour sa part que les affirmations de Lilian Thuram sont "pile poil dans la définition du racisme". 

Le président du Printemps républicain, Amine El-Khatmi, a affirmé enfin que Lilian Thuram a fait preuve de "racisme crasse" et qu'il ne valait "guère mieux que Robert Ménard", le maire de Béziers.

L'association SOS Racisme en revanche, ne souhaite pas "faire un procès à Lilian Thuram", et estime qu'il est "inacceptable de le traiter de communautariste et de raciste". Le secrétaire général de l'association antiraciste, Hermann Ebongué affirme qu'il "faut, bien évidemment, éviter de faire des généralités à l'heure où l'antiracisme et l'universalisme sont menacés par les extrêmes de tous bords (...) et où l’extrême droite s’empare de la moindre occasion pour faire campagne du rejet de l’autre".

L'ex-footballeur Vikash Dhorasoo a pris enfin la défense de son ancien coéquipier des Bleus, en répondant à l'éditorialiste de France Inter Thomas Legrand, qui avait qualifié de "racisme" puis "d'essentialisation maladroite" les propos de Thuram. L'ex-milieu de terrain a estimé que le journaliste relayait "la pensée d'extrême droite (...) qui a inventé le 'racisme anti-Blanc". 

Les explications de Thuram

"On a fait un amalgame de mes réponses sans mettre les questions", a réagi Lilian Thuram jeudi soir sur RTL, ajoutant que sa phrase qui a suscité la controverse était "sortie de son contexte". Le footballeur retraité estime que "ça ferait plaisir à beaucoup de personnes de me mettre dans la catégorie raciste". Et précise sa pensée, en affirmant que "les personnes racistes ont un complexe de supériorité", et que "les gens qui sont en capacité de faire des cris de singe à un Noir sont racistes, ils ont un complexe de supériorité [...] qui cache un complexe d'infériorité".

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