Les Lyonnais doivent-ils vraiment payer jusqu’à 40 euros la nuit pour recharger leur voiture électrique ?

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TRANSPORTS. A Lyon, les usagers de voitures électriques sont en colère. La société Bluely, qui possède la majeure partie des bornes de recharge, a augmenté ses tarifs en juin dernier, notamment la nuit. Des montants exorbitants qui ont poussé l'entreprise à faire machine arrière.

Dans la métropole lyonnaise, les usagers de voitures électriques ont vu les prix de rechargement flamber. Le service de location de voiture électrique Bluely, appartenant au groupe Bolloré, a modifié début juin, les tarifs sur ses bornes de recharge. Jusqu’à présent, les lyonnais détenteurs d’une voiture électrique devaient s’acquitter de seulement 1 euro la première heure puis 3 euros les heures suivantes pour recharger leur véhicule sur les bornes Bluely. Concernant l’abonnement, le prix de la carte était de 15 euros la première année, pour ensuite devenir gratuite les années suivantes. 


Mais l'entreprise qui possède 100 bornes sur les 250 présentes sur le territoire lyonnais, a décidé d'augmenter drastiquement les tarifs. Les usagers devront désormais payer 5 euros par mois (soit 60 euros l'année) leur abonnement "recharge" ainsi que 2 euros chaque demi-heure. Une augmentation significative, qui pose notamment problème aux utilisateurs souhaitant recharger leur véhicule la nuit : alors que le tarif était plafonné à 5 euros de 22 heures à 8 heures, ce n'est désormais plus le cas. Le plafonnement supprimé, la nuit de recharge peut donc effectivement monter jusqu'à 40 euros (2 euros multipliés par 20 demi-heures). Soit une augmentation de 700%. Les tarifs sont consultables directement sur le site de la société. En comparaison, à Paris, il est possible de recharger son véhicule électrique sur les anciennes bornes Autolib' pour 120 euros l'année et ceci en illimité.

Le plafonnement finalement rétabli

De quoi mettre en colère certains usagers comme Jean-Marc Bertrand, contacté par Le Progrès. Ce lyonnais vivant dans le 2e arrondissement avait l'habitude de recharger sa voiture électrique aux bornes Bluely. Depuis l'augmentation des tarifs, les frais de rechargement de son véhicule lui reviennent aussi cher qu'une voiture essence : "J’ai calculé, et au niveau coût, c’est comme si je conduisais une essence qui consomme 14 l/100 km."


Contactée par LCI, l'entreprise Bluely justifie l'augmentation des tarifs par une nécessité de "s'adapter au marché local". Concernant la suppression du plafonnement, elle explique que ce choix avait pour objectif de favoriser les rotations de véhicules : "l'objectif premier était d'éviter qu'il y ait des véhicules qui restent trop longtemps sur les recharges pour que tout le monde ait l'occasion de se charger". Néanmoins, face aux nombreuses plaintes des utilisateurs, le service nous a annoncé avoir finalement pris la décision de rétablir un plafonnement de 6 euros pendant la nuit (de 22 heures à 7 heures). "Notre but est de favoriser l'écomobilité dans la ville. Si [la suppression du plafonnement] empêche le développement des véhicules électriques, alors ce n'est pas forcément bien", explique l'entreprise. Une information communiquée jeudi 11 juillet à ses utilisateurs mais pas encore affichée sur leur site Internet.

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