Les mères des lycéens mis à genoux à Mantes-la-Jolie manifestent, un an après contre l'"humiliation"

Les mères des lycéens mis à genoux à Mantes-la-Jolie manifestent, un an après contre l'"humiliation"
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MANIFESTATION - En décembre 2018, des lycéens étaient interpellés à Mantes-la-Jolie (Yvelines) après trois jours de heurts en marge du mouvement étudiant. Un an plus tard, plus d'un millier de personnes ont marché pour dénoncer une nouvelle fois cette "humiliation".

"Pour l'amour de nos enfants, marche des mamans pour la justice et la dignité". Derrière une banderole affichant ce message, plus d'un millier de personnes ont marché, dimanche 9 décembre, dans Paris, un an après l'humiliation essuyée par des adolescents de Mantes-la-Jolie. Ce jour-là, plusieurs lycéens avaient été mis à genoux, mains sur la tête, par les forces de l'ordre, suscitant une vague d'émotion.

Le cortège est parti en début d'après-midi du quartier de Barbès, et a rejoint la place de la République deux heures plus tard. "Je suis révoltée contre les violences policières [sur] nos enfants. L'humiliation qu'ils ont subie l'année dernière, on ne l'a pas acceptée, la violence policière est toujours là, ça s'est pas calmé", a déclaré Fadila Koulel, mère d'un des 151 jeunes interpellés.

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Une plainte classée pour non-lieu

"On veut que le préjudice commis sur nos enfants soit reconnu, que les violences commises ce jour-là, le fait d'avoir été mis à genoux mains sur la tête pendant des heures, soient reconnues", a résumé Myriam, une autre mère mobilisée. "Je suis pas sûre que si ça avait eu lieu ailleurs, ça se serait passé de la même façon", a-t-elle ajouté.

Le 6 décembre 2018, après trois jours de heurts et de dégradations en marge du mouvement de protestation lycéen, 151 jeunes, âgés de 12 à 21 ans, avaient été mis à genoux, tête baissée, mains sur la tête, tenus en respect par des policiers avant d'être dispatchés dans des commissariats. La scène, filmée par un policier qui commentait en disant "voilà une classe qui se tient sage", avait filtré sur les réseaux sociaux et provoqué un tollé.

Plusieurs familles et le syndicat lycéen UNL ont porté plainte pour violences policières, mais l'enquête préliminaire confiée à la police des polices a débouché sur un non-lieu. L'UNL et le collectif ont décidé de déposer une nouvelle plainte avec constitution de parties civiles, pour obtenir l'ouverture d'une instruction. Selon le syndicat policier Unsa Police interrogé cette semaine, l'intervention était "nécessaire" : "en face de 150 jeunes", les forces de l'ordre ont "figé la situation", pas pour "faire un exemple" mais pour pouvoir ultérieurement "déterminer le degré d'implication de chacun".

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