Une vidéo de L214 dénonce "l'horreur" d'un élevage de canards, l'État ordonne la fermeture du bâtiment insalubre

Vidéo choc d'un élevage de canards : l'Etat ordonne la fermeture d'un bâtiment
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CONDITION ANIMALE - L'association de défense des animaux L214 a publié une nouvelle vidéo mettant en cause les conditions de vie dans un élevage de canards à Lichos (Pyrénées-Atlantiques). La copropriétaire de l'exploitation dénonce de son côté une vidéo "fausse et mensongère".

C'est le "pire élevage" qu'elle dit avoir vu depuis plus de 10 ans. L'association L214 met en cause jeudi, vidéo à l'appui, un élevage de canards des Pyrénées-Atlantiques dont elle demande la fermeture "urgente et définitive". 

D'après les observations réalisées par l'organisation de défense de la condition animale, le bâtiment visité est "totalement insalubre", avec des cadavres de canards "décomposés" et "non ramassés", le tout sous un épais "flot d'excréments" qui "déborde à l'extérieur". Elle affirme que ces scènes d'"horreur" ont été filmées "il y a quelques jours" en août, après le signalement d'un "lanceur d'alerte", dans le village de Lichos, situé à 50 km de Pau, où vivent 150 canards. 

Une plainte a été déposée mercredi à Pau par l'avocate de L214 pour "cruauté envers les animaux", "abandon", et "atteinte à l'environnement", en raison des risques encourus par le Saison, un proche cours d'eau, à cause des déjections s'écoulant du bâtiment.

L214, hostile à l'élevage et à la consommation de tous produits d'origine animale, milite pour la fermeture des abattoirs, et a déjà ciblé des élevages de la filière foie gras. Dans le cadre de cette production, les canards sont gavés durant une dizaine de jours. La période de gavage commence à l’âge de onze semaines environ.

Vidéo "fausse, mensongère et malhonnête"

Depuis la publication de ces images, une copropriétaire de l'exploitation a répondu aux accusations en affirmant à l'AFP que la vidéo de l'association était "fausse, mensongère et malhonnête". Elle affirme également ne pas reconnaître toutes les images. "Sur la partie extérieure, le lisier qui se déverse, c'est la vérité (...) mais tout ce qui est cadavres, asticots et tout le reste, c'est faux", a-t-elle assuré : "ce n'est pas notre exploitation". Une plainte pour "diffamation et entrée par effraction" sera déposée. La copropriétaire évoque des actes de "malveillance", notamment d'un "ancien intérimaire". 

Le ministère de l'Agriculture a de son côté demandé au préfet une "mise en demeure" de l'élevage pouvant aller "jusqu'à une suspension d'activité". "En parallèle, une procédure judiciaire est ouverte", a précisé le ministère dans un communiqué, estimant néanmoins que ce cas "isolé" ne "saurait être généralisé". De son côté, la préfecture a annoncé des contrôles jeudi, après des premiers contrôles mercredi, et un "contrôle renforcé" dans les prochains jours, ainsi qu'une suspension "si nécessaire".

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À la lumière de ces exemples, L214 s'interroge sur les inspections dans la filière foie gras et demande au ministre de l'Agriculture Julien Denormandie "de diligenter un audit de l'ensemble des élevages de canards reproducteurs et couvoirs de la filière foie gras", et de "publier les rapports complets d'inspection". "Nous multiplions les contrôles (...) afin que ces dérives inacceptables, mais isolées et individuelles, ne jettent le discrédit sur toute une profession à laquelle j'assure mon soutien et ma confiance", a répondu le ministre, assurant que "les suites de l'enquête seront communiquées en toute transparence".

Quelques heures plus tard, la préfecture des Pyrénées-Atlantiques a ordonné la fermeture du bâtiment insalubre d'élevage de canards dénoncé par l'association L214 dans des vidéos, et prononcé une "interdiction totale et immédiate" de l'exploiter "jusqu'à sa remise aux normes", a-t-on appris auprès du ministère de l'Agriculture.

"Les canards sont évacués dès maintenant de leur bâtiment pour les mettre à l'abri", a précisé une porte-parole du ministère après une inspection des services vétérinaires de la direction départementale de la protection des populations (DDPP) et de la gendarmerie nationale sur le site du couvoir du Saison à Lichos (Pyrénées-Atlantiques).

Le Cifog, qui représente la filière foie gras, a "fermement condamné les conditions décrites par cette vidéo qui ne reflètent en rien les méthodes de travail des éleveurs de la filière", pour qui la "priorité est le bien-être des animaux". Néanmoins, pour sa directrice Marie-Pierre Pé, il convient "de prendre du recul. La stratégie de lynchage de L214 n'a pas d'autre objectif que de développer un monde végétarien. On utilise des procédés spectaculaires pour faire disparaître le monde de l'élevage", a-t-elle dit à l'AFP. Elle considère que la situation évoquée par L214 "n'est pas le reflet du monde de l'élevage aujourd'hui. C'est une caricature". 

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