La Haute-Marne, premier département à faire marche arrière sur les 80 km/h ?

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SÉCURITÉ - Le président du conseil départemental de la Haute-Marne est déjà en train d'organiser le retour aux 90 km/h sur certains tronçons du département. C'est le premier à se positionner depuis l'assouplissement de la mesure des 80 km/h annoncé par Edouard Philippe.

Ce n'était qu'une question de jours avant qu'un président de conseil départemental se rue sur la possibilité de remettre les routes secondaires de sa collectivité à 90 km/h. L'assouplissement de la mesure des 80km/h, autorisé par Edouard Philippe et les députés le 16 mai, laissait en effet le champ libre aux présidents d'exécutifs locaux de relever la vitesse maximale autorisée sur certains tronçons, quitte à en assumer les conséquences en matière de sécurité routière. Et c'est le président du conseil départemental de Haute-Marne, Nicolas Lacroix (LR) qui a sauté le pas le premier, une semaine après l'annonce. Selon les informations de RTL, il souhaite que la vitesse soit rehaussée sur une quinzaine de routes.

Un vote entre élus locaux pour prendre de l'avance

Pour le moment la loi qui permet de repasser aux 90 km/h n'a pas été promulguée. Pour le conseil départemental, il s'agit donc d'être prêts au changement lorsque les différents décrets seront signés. Pour cela les élus de la Haute-Marne s'apprêtent à voter ce vendredi en commission permanente le retour aux 90 km/h, sur une partie du réseau routier dont le président du conseil départemental a la responsabilité. Nicolas Lacroix souhaite que la vitesse soit rehaussée sur 476 kilomètres de routes départementales au total. L'idée du vote est de donner plus de poids à sa décision : cela lui permettra de transmettre la liste des élus favorables à la sous-préfète.


Le président de la Haute-Marne souhaite aussi "qu'il y ait une continuité dans ce retour. C'est pourquoi je vais écrire aux conseils départementaux voisins (Vosges, Aube, Marne, Meuse…) pour que nous adoptions une position commune", a déclaré à l'AFP Nicolas Lacroix. L'opération du retour au 90 km/h coûterait 100 000 euros, pour les changements de panneaux de signalisation et des aménagements ponctuels.

Les professionnels de la sécurité routière seront consultés

Avant de se décider, les présidents de départements devront demander l'avis de la commission départementale de la sécurité routière, comme l'avait indiqué Dominique Bussereau, le président de l'Assemblée des départements de France (ADF). Dans un courrier adressé au Premier ministre, l'ADF estimait que pour que la mesure "soit une réussite, il est important que la responsabilité des présidents de département, qu'ils assument pleinement, soit éclairée par l'ensemble des responsables de la sécurité routière". L'ancien ministre des Transports avait également demandé à ce que "la décision du président de département soit prise avec la possibilité de solliciter un avis du préfet", notamment pour fluidifier la collaboration des services des départements et de l'Etat - gendarmerie, police nationale et sapeurs-pompiers.


Mais ces avis ne sont que consultatifs et pourront donc être ignorés. Considérant que cette décision "est un choix raisonné", Nicolas Lacroix a déclaré que "le retour aux 90 km/h, ce n'est pas le permis de rouler comme un fou ! Mais je rappelle que la vitesse n'est responsable que de 30% des accidents." Il a ensuite assuré : "En Haute-Marne, cette responsabilité, nous l'assumons comme nous avons toujours pris nos responsabilités en matière d'entretien des routes". Le président de la Haute-Marne a dit espérer mettre en place cette mesure avant l'été. 

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