"Bienvenue dans la rue" : la Fondation Abbé Pierre dénonce la fin de la trêve hivernale

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EXPULSIONS - La trêve hivernale a pris fin en même temps que le mois de mars. Des familles peuvent à nouveau être contraintes de quitter leur logement sans solution de relogement, ce que dénonce la Fondation Abbé Pierre.

Un paillasson géant devant le ministère du Logement, avec l’inscription "Bienvenue dans la rue" : dimanche 31 mars, la Fondation Abbé Pierre a dénoncé la fin de la trêve hivernale. Celle-ci a été levée dimanche soir, après cinq mois d’interruption. Lundi 1er avril, des milliers de famille sont donc à nouveau menacées d’être expulsées de leur logement. 

En 2017, 126.000 décisions d'expulsion ont été prononcées, dont plus de 120.000 pour impayés locatifs (+49% depuis 2001), selon le dernier bilan annuel de la Fondation. La même année, 15.547 ménages ont été expulsés avec le concours de la force publique, dernière étape si aucune solution n'est trouvée. "Un record historique", déplore la FAP. 

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"La multiplication des expulsions entre en contradiction avec la politique du ‘Logement d'abord’ affichée par le gouvernement", estime la Fondation, en référence au plan de l'exécutif qui vise à favoriser l'accès direct au logement très social.

Reloger davantage de personnes à la rue ne suffit pas si, dans le même temps, les préfectures en délogent toujours plus.- Fondation Abbé Pierre

"Avec une augmentation de 46 % en 10 ans, ce sont au total près de 300.000 personnes qui ont été effectivement expulsées manu militari au cours de cette décennie", relève la Fondation. En sachant qu'avant même l'intervention de la police, "bon nombre de ménages quittent leur domicile sous la crainte de la procédure ou la pression du propriétaire ou de l'huissier", précise la FAP.

Jeudi, c’est l’Armée du Salut qui avait mené une action à Paris, en dessinant sur certains trottoirs des silhouettes de personnes dormant par terre pour rappeler que "la seule place offerte aux personnes sans-abri accueillies pendant l'hiver est la rue".

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De plus en plus de familles sans logement

Les associations exigent que plus aucune expulsion ne se fasse sans solution de relogement. Elles insistent également sur la nécessité de construire massivement des logements sociaux accessibles aux petits revenus et demandent l'encadrement des loyers dans les grandes métropoles.

D’autant que la fin du mois de mars marque aussi la fermeture des places d'hébergement ouvertes pendant les mois d'hiver. Les associations estiment à au moins 8.000 le nombre de personnes risquant de se retrouver à la rue dès dimanche soir.

Mercredi, le ministère du Logement a annoncé que 6.000 places supplémentaires ouvertes pendant l'hiver, dont 1.400 à Paris, seraient pérennisées, portant à 145.000 le nombre de places d'hébergement pour les sans-abri ouvertes toute l'année. 

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