"On a laissé filer l’industrie française", estime le président du conseil de surveillance de PSA

"On a laissé filer l’industrie française", estime le président du conseil de surveillance de PSA
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INTERVIEW POLITIQUE - Louis Gallois, président du conseil de surveillance de PSA Peugeot Citroën, était l’invité d’Elizabeth Martichoux, mercredi 3 juin sur LCI.

Soutenir la consommation pour sortir au mieux la crise. Revenant sur les enjeux de sortie de crise, qui "va être très difficile", Louis Gallois a souligné mercredi 3 juin sur LCI la nécessité de veiller à la reprise de la consommation pour les ménages les plus pauvres. Cela passe, plaide-t-il, par l'augmentation des minimas sociaux et le maintien des "systèmes d’aides qui ont été mis en place (pendant le confinement), notamment les chèques services". 

Réindustrialiser et non relocaliser

Louis Gallois a ensuite insisté sur l’importance de la réindustrialisation, précisant préférer ce terme à celui de "relocalisation". "Notre drame c’est qu’on a laissé filer l’industrie française, depuis les années 90 jusqu’en 2015", a-t-il regretté, avant d'en énumérer les raisons principales : "Parce que les coûts ont été excessifs et qu’il n’y a pas eu de véritable priorité donnée à l’industrie". 

Retraçant les différents plans entrepris pour "remonter la pente" tels que "le programme d’investissement d’avenir lancé par M. Sarkozy (...), le pacte de compétitivité" qu’il a lui-même établi ou encore les mesures d’Emmanuel Macron, toutes visant à réduire les cotisations salariales pour amoindrir la masse salariale, Louis Gallois a toutefois estimé que cela n’était pas suffisant : "Nos concurrents ne nous attendent pas, ils ont progressé à ce moment-là".  

1,2 million de voitures produites en France

"L’industrie c’est la structure d’une économie", a-t-il martelé, rappelant que PSA produisait toujours aujourd’hui des voitures en France, 1,2 million de voitures précisément, et en vendait 835 000. Selon le président du conseil de surveillance du géant automobile, il parait  nécessaire aujourd’hui de relocaliser dans deux domaines : la santé et l’agro-alimentaire. S’agissant de ce dernier secteur, "il n’y a pas de raison que ça coûte plus cher car le pays a une agriculture qui est forte", a-t-il indiqué. 

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" Il faut assurer notre souveraineté", a insisté Louis Gallois, prenant pour modèles les secteurs de l’aéronautique et de l’automobile, pesant à l'international: "L’industrie aéronautique française est la deuxième mondiale". Selon lui, le secteur ne disparaîtra pas à cause de la crise, tout simplement parce que "les gens ne vont pas arrêter de prendre l’avion" et qu’il "va faire des progrès considérables en matière d’émission de kérozène, d’émission de CO2".

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