#LoveIsNotTourism : séparés par le coronavirus, les couples binationaux non mariés appellent à l'aide

#LoveIsNotTourism : séparés par le coronavirus, les couples binationaux non mariés appellent à l'aide
Population

ECARTELES - Depuis que les frontières au sein de l’espace Schengen se sont refermées en mars en raison de l'épidémie de coronavirus, de nombreux couples bi-nationaux non-mariés sont contraints de vivre une relation à distance. Le gouvernement français a promis "une solution dédiée".

Loin des yeux, peut-être... mais pas loin du coeur. Depuis la fermeture des frontières de l'espace Shengen en mars à cause de l'épidémie de coronavirus, près de 2.000 personnes sont obligées de vivre une relation à distance entre la France et l’étranger. Car si l'Union européenne a rouvert ses frontières aux voyageurs d'une liste restreinte de pays tiers, début juillet, pour certains pays, notamment les États-Unis, la Russie ou le Brésil, tout voyage non essentiel vers l'Union reste interdit. 

Aleksandra, une jeune Biélorusse dont le fiancé est français, est l'une de ces laissées pour compte. Il y a quinze jours, elle a posté sur les réseaux sociaux son désarroi : "Nous avons déposé tous les documents pour le mariage à la mairie. Mais l’ambassade de France en Biélorussie ne veut pas prendre mes documents pour le visa, car l’Union européenne est toujours fermée pour la Biélorussie. Notre mariage doit avoir lieu le 29 août en France. Aidez-moi s’il vous plaît…", écrit-elle.

La France met en place une procédure dérogatoire

Aleksandra et son amoureux sont loin d’être les seuls dans ce cas. Ainsi sous le hashtag #LoveIsNotTourism, de très nombreux couples binationaux racontent sur Twitter à peu près la même histoire : ils n’ont pas revu leur partenaire depuis des mois, parce qu’ils vivent dans des pays différents, ne sont pas mariés et que le Covid-19 a fermé des frontières. Ils ne peuvent donc pas être transférés vers l’un des deux pays pour motif familial et réclament auprès des gouvernements un assouplissement des mesures en faveur des couples non mariés.

Un appel entendu par la Commission européenne qui a demandé vendredi à tous les États membres de permettre l’entrée dans l’UE des partenaires non mariés des citoyens et résidents européens. "Actuellement, seule une minorité d'États membres le fait", a regretté un porte-parole de la Commission, Adalbert Jahnz, sans préciser lesquels.

Et la France a aussitôt réembrayé. Le Secrétaire d’État chargé du Tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, dans un entretien au JDD,  a ainsi annoncé que dès cette semaine, les couples qui présentent les garanties d’une "relation sentimentale durable", comme un compte commun par exemple, pourront se voir attribuer "une dérogation et l’obtention d’un visa".

“Les conjoints devront se présenter au consulat avec des documents attestant d’activités communes, leurs pièces d’identité, une preuve de résidence en France pour le conjoint français, un titre de transport aller et retour… Ces dérogations, qui seront validées par la Commission interministérielle de crise, entraîneront la délivrance d’un laissez-passer lorsque c’est nécessaire”,  explique le secrétaire d’État chargé du Tourisme et des Français de l’étranger. 

Certains couples se montrent néanmoins dubitatifs et ont fait part de leur crainte face aux lenteurs administratives, dans des consulats déjà surchargés. "Si vous aimiez l'amour vous permettriez aux couples récemment formés, à distance et pendant la pandémie, de se retrouver aussi. Une énième machine à gaz à la française avec tout un tas de justificatifs…", a par exemple tweeté un internaute.

Une immigration qui ne veut pas dire son nom ?

Dans un billet publié récemment sur son blog, la députée LaREM de la 11e circonscription des Français établis hors de France, Anne Genetet, s’est émue du sort de ces couples. Selon elle, les inquiétudes françaises seraient davantage immigratoires que sanitaires. "Le Quai d’Orsay craint que des filières clandestines ne se mettent en place. Résultat, on a un jeu de ping-pong et on ne sait pas comment avancer"

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"Je plaide pour ma part auprès du gouvernement pour que ces couples puissent obtenir une dérogation pour franchir nos frontières, et circuler normalement selon les règles de visa et de séjour normalement en vigueur, sans que ne leur soit demandé de prouver une communauté de vie", a-t-elle écrit. "Ces couples sont souvent issus de la génération Erasmus, de jeunes habitués à voyager pour travailler, étudier, et enclins à développer des relations à distance que l’ouverture habituelle des frontières facilite grandement. Nombre d’entre-eux ne vivent pas ensemble, voire n’habitent pas dans le même pays", a-t-elle poursuivi. 

Selon elle, seuls 13% de ces couples seulement pourraient apporter des preuves de vie commune.

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