En se disant "choqué" par les rayons halal Gérald Darmanin s'attire les critiques

Gérald Darmanin à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), le 27 septembre 2020.

POLITIQUE - Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a provoqué des réactions en cascade après s'être dit "choqué" par la présence de rayons halal dans les grandes surfaces.

Mardi soir, Gérald Darmanin s'était dit "toujours choqué d'entrer dans un hypermarché, de voir qu'il y avait en arrivant en rayon de telles cuisines communautaires". "C'est comme ça que ça commence, le communautarisme", avait estimé le ministre de l'Intérieur sur BFM TV. 

"Qu'on aille dans un hypermarché casher ou halal pour acheter des produits, chacun peut le faire, où est le problème ?" avait-il poursuivi. Mais que "de grandes entreprises françaises" aient proposé à la vente "telle ou telle consommation tout à fait respectable", "parce qu'ils ont envie de gagner de l'argent sur le communautarisme, moi personnellement, ça me choque".

Gérald Darmanin avait ensuite précisé ne pas critiquer "les consommateurs" mais "ceux qui leur vendent quelque chose". "Je comprends très bien que la viande halal soit dans un supermarché. (...) Pourquoi des rayons spécifiques ? C'est ça que je regrette".

Gabriel Attal n'y voit pas une priorité

Cette réflexion personnelle n'a toutefois pas recueilli l'approbation de son camp. Le président de l'Assemblée nationale Richard Ferrand, invité à réagir, expliquait pour sa part que "cela permet à des filières entières de vivre, à des entreprises de prospérer, on considère qu’on s'adapte à la demande du marché". "Dans ma circonscription à Châteaulin, il y a une grande entreprise qui exporte 500.000 tonnes de poulet par an vers l’Arabie saoudite, et c'est du poulet halal", et "cela permet à des filières entières de vivre. Donc ce n'est pas un sujet", avait-il conclu sur BFM TV.

Le sujet n'a d'ailleurs pas été abordé en Conseil des ministres ce mercredi, a expliqué Gabriel Attal, le porte-parole du gouvernement : "toutes les questions peuvent être posées, mais le jour où la question des rayons de supermarchés sera prioritaire pour le gouvernement, c'est que nous aurons réglé un certain nombre d'autres questions auparavant". 

En revanche, du côté des Républicains, parti dont a été exclu Gérald Darmanin, la réflexion semble faire sens : le député LR Eric Ciotti l'a approuvé mercredi sur FranceInfo, estimant que l’existence de rayons halal "traduit cette lente et certaine dérive communautaire, cette pression communautaire" qui a pu être constatée aussi selon lui lorsque Décathlon avait proposé à la vente des "niqabs sportifs".

Leclerc monte au créneau

"Il raconte n'importe quoi", a tempêté le député LFI Alexis Corbière sur RMC : "Est-ce qu'il y a un lien, selon lui, entre le fait qu'il y a un rayon casher et un rayon halal (..) avec le fait qu'un Tchétchène de 18 ans ait assassiné un enseignant ?" s'est-il interrogé : "Ça n'a rien à voir avec le terrorisme islamiste !"

Enfin, le patron des centres Leclerc, Michel-Edouard Leclerc, répondant à la critique du locataire de Beauvau a dénoncé "des propos qui puent la manipulation. On peut évidemment vendre du casher et du halal en étant patriote." Sur Linkedin, il développe : "Faire semblant de s'interroger sur la présence des produits halals, cashers, africains ou asiatiques vendus en supermarché, tout en proposant aux consommateurs de les acheter dans des magasins spécialisés, c'est quand même paradoxal pour quelqu'un qui dénonce le communautarisme."

Ce mercredi matin, Gérald Darmanin a persisté et signé. Sur Twitter, il écrit : "Je n’ai pas un mot à retirer à mes propos. Pas un. Oui le capitalisme a aussi une responsabilité dans la société, tout ne peut pas faire objet d’argent. Merci d’écouter mes propos en entier. Ils sont éminemment républicains."

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