"Parcoursup misère" : la "promo Covid" inquiète pour son avenir

Les premiers résultats de Parcoursup sont tombés mardi pour une partie des 950 000 candidats. Les autres recevront les leurs d'ici la mi-juillet.
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ORIENTATION - Avec l’ouverture des admissions sur Parcoursup, c’est l’heure des choix pour des centaines de milliers de lycéens en France. Certains s’inquiètent pour leur avenir, faute d’un encadrement pédagogique normal en cette crise sanitaire.

"Parcoursup misère", "Tu fais des vœux mais personne ne te veux (sic)", "Moi et 90% des gens qui ont fait parcoursup cette année on va être les rejetés de la société avec un bac de la valeur des félicitations en CP et pas d’acceptation de fac"… C’est une sorte de tradition incontournable : tous les ans, au premier jour d’ouverture des admissions post-bac, les candidats déçus de Parcoursup affichent leurs états d’âmes sur les réseaux sociaux et crient à l’injustice. 

Sauf que cette année, ce sentiment d’injustice est pour certains décuplé, du fait de la crise sanitaire qui a bouleversé le calendrier scolaire et rendu floues les perspectives universitaires. Les lycéens de Terminale ne sont pas retournés sur les bancs de leurs classes depuis deux mois déjà et les épreuves du Baccalauréat, qu’ils préparaient depuis septembre, ont été annulées et remplacées par du contrôle continu pour cause de pandémie. 

Un défaut d'accompagnement pédagogique

Bref, la confusion est grande parmi les 950.000 candidats de Parcoursup, selon les chiffres transmis par le cabinet de Frédérique Vidal. "Le sentiment général est à l’inquiétude", confirme Gregory Abelli, permanent pour le syndicat lycéen de la Fidl, sollicité par LCI. "Les jeunes ne sont pas à l’aise avec la situation et sentent bien que s’il n’y avait pas eu la crise, ça leur aurait épargné du stress." 

Si, au lendemain de l'ouverture des admissions, il est un peu tôt pour constater des "difficultés d’affectation liées à la crise", le représentant syndical le certifie, "l’ambiance est pesante". Pour beaucoup de lycéens, la première source d’angoisse réside dans le défaut d’accompagnement pédagogique lié au confinement et à l’enseignement à distance. Car, sans présence du corps enseignant, difficile alors de se sentir guidé dans ses choix de carrière.

C’est pour cette raison que la Fidl avait demandé à ce que la fermeture début avril de la saisie des vœux des candidats soit repoussée, sans succès. "On avait peur d’une part que certains, qui n’ont pas les bons outils numériques à leur disposition, ne puissent pas finir leur vœux et d’autre part, du manque d’accompagnement qui ne peut se faire comme d’habitude, avec les conseils pédagogiques, les profs…"

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Orlane François, présidente de la Fage, le premier syndicat étudiant, constate elle aussi auprès de LCI des cas de "jeunes isolés qui se retrouvent hors de leur milieu scolaire et universitaire, qui ne vont pas accepter de choix car ils sont livrés à eux-mêmes, des jeunes qui n’ont pas les moyens de suivre les points des profs car ils n’ont pas d’ordinateur". Avant de poursuivre : "Là, c’est le moment où l'on a des réponses et où il faut choisir. Ne pas avoir ces enseignants près d’eux peut être très difficile". 

Le ministère de l’Enseignement supérieur indique à LCI avoir accompagné, par le biais des proviseurs et des professeurs principaux, près de 5 000 lycéens entre le 2 et le 7 avril, après la phase de confirmation des vœux. "Le résultat de cette mobilisation est que le taux de confirmation a progressé de 2 points cette année, soit 20 000 lycéens supplémentaires", se satisfait le ministère. Qui assure enfin que, "dans le contexte de la crise sanitaire, les modalités de l’accompagnement seront adaptées localement, comme cela a été fait pendant la confirmation des vœux, début avril". 

De son côté, la Fage s’emploie à aider les futurs bacheliers depuis trois ans et le lancement de Parcoursup, avec une "boîte à questions" disponible en ligne. Orlane François précise : "On mène notre action avec nos moyens et nos ressources, on peut les informer tout de suite en cas de questions. Quand c’est une situation plus complexe, on la fait remonter au ministère pour un suivi".

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Au-delà de la crise sanitaire, la crise économique a plongé de nombreux secteurs dans le rouge, concernant directement des milliers de candidats à des formations en alternance. Comme le pointe Gregory Abelli, les aspirants à des apprentissages dans le tourisme, la restauration ou l’hôtellerie vont très probablement être lésés et n'ont d'autre choix que de "prendre leur mal en patience". La Fage, elle, indique, avoir alerté le ministère du Travail sur ce sujet en particulier. Sur Parcoursup, environ 3800 formations en apprentissage post-bac sont disponibles dans différentes filières. 

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