"Ma nouvelle vie" : Olivier Puech, la star du potager qui incite les citadins à changer vie

"Ma nouvelle vie" : Olivier Puech, la star du potager qui incite les citadins à changer vie
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Avec ses vidéos simples, tournées au coeur de son potager bio, Olivier Puech ne s’attendait pas à un tel succès. Le confinement a boosté sa nouvelle carrière de jardinier Youtubeur, dont le nombre d’abonnés a doublé en trois mois. De quoi inspirer certains citadins, qui, après le confinement veulent changer de vie.

En trois mois, son audience a doublé. Olivier Puech est un jardinier Youtubeur passionné. Le confinement ne l'a pas empêché de continuer à faire ses vidéos, tournées au cœur de son potager de 300 m², vues plus d'un million de fois sur Internet. Ce père de deux enfants, ex-chef de rayon a changé de vie il y a deux ans et il est désormais suivi par plus de 160 000 personnes sur sa chaîne Youtube. Une notoriété qui intéresse les sponsors et les maisons d'édition, si bien qu'il peut désormais vivre de sa passion. "J’espère que ce confinement ne sera pas qu’une parenthèse de vie, mais sera un déclic pour bon nombre de personnes", nous a-t-il confié.

Que ses vidéos y soient pour quelque chose ou pas, ce "déclic" d'Olivier Puech se fait sentir en ville chez certains citadins, pour qui la crise sanitaire du coronavirus a fait mûrir des projets de changement de vie, pour être plus près de la nature et tendre vers un mode d'existence plus durable.

"Vivre différemment"

"La pollution", "le manque de nature", sont les raisons évoquées par ces citadins qui expliquent à l'AFP, au sortir du confinement, comment ils comptent changer de vie. "On cherche vraiment avec un espace extérieur, quitte à aller un peu plus loin" : la proximité d'un métro "n'est plus une obsession", explique par exemple Olivier, habitant du centre de Paris. 

"Sans tomber dans la collapsologie pure et dure, il nous arrive quelque chose que je pressentais. Je voudrais y être préparé : avoir au moins un lopin de terre pour pouvoir faire un peu d'agriculture et faire en sorte que nous soyons autonomes avec mon épouse", avance Pierre, 40 ans. Cadre dans l'informatique, il faisait déjà "pas mal de télétravail" et l'activité de sa femme, couturière, ne lui semble "pas incompatible" avec ce nouveau mode de vie.

Pour Anaïs, journaliste de 29 ans et son compagnon, "le confinement a été un vrai déclic". A deux, ils vont "changer de mode de vie" d'ici la fin de l'année pour gérer un gîte en Drôme-Ardèche. "A Paris, on n'a pas le temps de vivre. On court à droite à gauche et surtout, on surconsomme", estime-t-elle. "Ça nous a fait nous rendre compte qu'on avait plus du tout envie de cette vie-là. Qu'on avait envie d'espace, d'air, de nature et de changer vraiment de rythme".

Autant d'aspirations qui transparaissent dans les recherches immobilières. Pendant le confinement, le site Leboncoin a noté une hausse de 30% des recherches en zones rurales et de 20% dans les zones urbaines moins denses, par rapport à la même période de 2019. Sur Seloger.com, "plus de recherches ont été effectuées en province qu'avant le confinement", avec "une appétence accentuée pour les maisons", indique le site.

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Un phénomène qui date des années 1980

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Le phénomène n'est pas nouveau : depuis les années 1980, de plus en plus d'actifs quittent les grandes agglomérations, indique Pascal Chevalier, géographe à l'université de Montpellier. "Ce sont en général des cadres qui étaient dans le tertiaire" et partent pour "retrouver une qualité de vie". S'il y a 10-15 ans, ces départs s'effectuaient vers les espaces ruraux plutôt isolés, "aujourd'hui, les gagnants de cette mobilité sont les petites villes, les bourgs", qui "associent qualité de vie et services", souligne le géographe. 

"Il y a un critère presque paradoxal qui est la proximité du rural avec des axes de circulation", confirme Cédric Szabo, directeur de l'Association des maires ruraux de France. "L'autre paramètre devenu incontournable, c'est la qualité du débit internet" - ce qui exclut certains territoires.

De façon générale, il est "beaucoup trop tôt" pour savoir si ces envies entraîneront un réel "exode", souligne Thomas Lefebvre, de la plateforme immobilière MeilleursAgents.  "Est-ce un feu de paille ou une vraie volonté ?" Ces projets sont "conditionnés à beaucoup de choses", ajoute-t-il, notamment "l'emploi" et le "crédit".

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