Malgré #MeToo, "la culture du viol a la vie dure", révèle une enquête

Malgré #MeToo, "la culture du viol a la vie dure", révèle une enquête

SOCIÉTÉ - D'après les résultats d'une enquête publiée par l'association Mémoire traumatique et victimologie, les stéréotypes sexistes perdurent au quotidien.

Les représentations sexistes "régressent un peu" mais le "déni et la culture du viol ont la vie dure" : voici ce qui ressort d'une enquête publiée cette semaine par l'association Mémoire traumatique et victimologie, quatre ans après un premier travail qui permet de mesurer l'évolution de la société depuis le mouvement #MeToo.

Les Français considèrent moins que les femmes "ont besoin d'être amoureuses pour envisager un rapport sexuel" (64% contre 74% en 2016), ou que "pour un homme il est plus difficile de maîtriser ses désirs sexuels" (57% contre 63% en 2016), relève l'enquête réalisée par l'institut Ipsos.  Ils sont également "un peu moins nombreux" à penser "qu'une femme peut prendre du plaisir à être forcée" (18% contre 21% en 2016) ou que beaucoup, "quand elles disent non pour une relation sexuelle, pensent oui" (17% vs 19%).

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Les Français continuent "d'adhérer à des mythes sur le viol"

Cette légère régression démontre la prégnance des stéréotypes sur la sexualité des femmes, analyse l'association. Laquelle constate que bon nombre de Français continuent "d'adhérer à des mythes sur le viol" qui participent d'une "culpabilisation des victimes" en progression malgré la multiplication des campagnes d'information, selon le rapport. Pour 42% des Français (40% en 2016) la responsabilité du violeur est atténuée si la victime a eu une "attitude provocante" en public. Si une victime "se défend vraiment elle fait fuir le violeur" d'après 43% des sondés (41% en 2016) et "si elle ne réagit pas ce n'est pas une violence sexuelle" (30% contre 27% en 2016).

"Un possible lien entre cette augmentation et une perception négative par certains répondants (25%) du grand nombre de victimes s'étant exprimées lors de la campagne #MeToo n'est pas exclu", souligne le rapport. "Comme si l'énormité des chiffres leur paraissait invraisemblable". L'étude relève pourtant une bonne connaissance des phénomènes de sidération traumatique pouvant paralyser la victime et l'empêcher de réagir (82% des sondés), et souligne un "paradoxe" alors que 83% des Français déclarent penser que #MeToo a eu un "effet positif" sur la libération de la parole des femmes.

Méconnaissance des statistiques sur le viol

L'étude fait également état d'une méconnaissance des statistiques sur le viol. 69% pensent que les victimes sont plus d'une sur quatre à porter plainte pour viol alors qu'elles sont moins de 10%. Quant au nombre de condamnations, ils sont 90% à penser qu'elles ont augmenté depuis 10 ans alors qu'elles ont diminué de 40%, toujours selon l'étude.

L'enquête a été réalisée du 22 au 28 février auprès de 1.000 personnes représentatives de la population française âgée de 18 ans et plus (échantillon constitué selon la méthode des quotas).

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