Manifestation de soignants : l’infirmière arrêtée mardi a été libérée, elle dit avoir craqué

Manifestation de soignants : l’infirmière arrêtée mardi a été libérée, elle dit avoir craqué
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POLÉMIQUE - L’infirmière, placée en garde à vue mardi pour "outrage et jets de projectiles sur les forces de l’ordre" au cours d’une manifestation de soignants mardi à Paris, a été libérée ce mercredi après-midi.

Les images de son arrestation ont suscité l'indignation sur les réseaux sociaux. L’infirmière interpellé mardi en marge de la manifestation des soignants à Paris a été libérée ce mercredi en fin d’après-midi. Cette femme de 50 ans, qui sera jugée pour "outrages" et "violences sans interruption totale de travail (ITT)" sur personne dépositaire de l'autorité publique, a reconnu les faits au cours de sa garde à vue. Elle sera convoquée devant le tribunal correctionnel le 25 septembre, a annoncé mercredi le parquet de Paris.

Lors de son audition, cette infirmière, travaillant à l'hôpital Paul-Brousse de Villejuif (Val-de-Marne), a reconnu avoir jeté des cailloux en direction des forces de l'ordre. Mais, a-t-elle expliqué, sa colère n'était pas dirigée contre les policiers mais contre l'Etat, rapporte une source proche du dossier. Elle dit avoir craqué par épuisement, évoquant la dureté de son métier, des journées de travail de 10 heures à 14 heures au plus fort de l'épidémie de Covid-19, le décès de 20 patients durant cette période, sa présence auprès d'eux, sa fatigue et une sérologie positive au virus.

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Des vidéos de son interpellation ont été relayées mardi dans la soirée sur les réseaux sociaux, suscitant une polémique. Sur les images, on y voit une femme portant une blouse blanche arrêtée sans ménagement par les forces de l'ordre alors que des échauffourées ont éclaté à l'arrivée du cortège sur l’esplanade des Invalides. L’infirmière réclame sa Ventoline, un médicament utilisé par les personnes souffrant d’asthme.

D'autres vidéos montrent la même personne jeter des projectiles en direction des forces de l'ordre, quelques minutes auparavant. "Une femme, infirmière de profession, a été interpellée pour outrage et jets de projectiles sur les forces de l’ordre", avait rapporté mardi une source policière citée par l'AFP, ajoutant qu'un policier atteint par un de ces projectiles déposera plainte ce mercredi.

Un rassemblement de soutien a eu lieu ce mercredi devant le commissariat du VIIe arrondissement, où elle avait été placée en garde à vue. Un premier rassemblement réclamant la libération de l'infirmière, dans un contexte de dénonciation des violences policières en France, s'était tenu mardi soir au même endroit, en présence des députés de La France Insoumise Eric Coquerel, Mathilde Panot et Danièle Obono. "Libérez Farida l'infirmière", avait tweeté leur chef de file, Jean-Luc Mélenchon.

Interrogée par la presse à l’issue du Conseil des ministres, la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, a justifié cette interpellation. "Je n'étais pas sur place et il apparaît, compte tenu des images, que cette interpellation faisait suite aux faits délictueux effectués par cette dame", a-t-elle déclaré, ajoutant que le gouvernement condamnait "fermement" les désordres provoqués par "des casseurs" et des "black blocks" à la fin de la manifestation parisienne.

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