Marches anti-PMA : "Ignorance, provocation ou mépris ?", les dates des prochaines manifestations scandalisent

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CRISPATION - En première ligne dimanche, lors de la marche contre la PMA à toutes les femmes, La Manif pour tous a annoncé de nouvelles journées de mobilisation. Trois dates choisies par les organisateurs s'entrechoquent avec des journées de sensibilisation contre l'homophobie et le Sida et pour le droit des femmes.

Les anti-PMA pour toutes jouent la carte de la provocation. Sept ans après la mobilisation contre le mariage pour tous, quelque 74.500 opposants à l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes ont battu le pavé dimanche 6 octobre à Paris contre cette mesure portée par le gouvernement et débattue au Parlement dans le cadre du projet de loi bioéthique. La Manif pour tous et le collectif "Marchons Enfants" ont appelé de nouvelles journées de mobilisation les 1er décembre, 19 janvier, 8 mars, 17 mai et 14 juin, des dates à confirmer "en fonction de l'attitude du gouvernement".

Et cette annonce a une résonance particulière. Parmi les cinq dates choisies par les anti-PMA, trois correspondent à des journées de sensibilisation en faveur des droits des personnes LGTB+ et des femmes. Le 1er décembre est consacré à la lutte contre le Sida, le 8 mars célèbre les droits des femmes et le 17 mai est destiné à la lutte contre l'homophobie et la transphobie. 

Un choix délibérément crasse et indigne- L'association Urgence Homophobie

"Un choix délibérément crasse et indigne", s'est insurgée l'association Urgence Homophobie , qui lutte contre toute forme de LBGTQIphobie. Florence Thune, directrice générale du Sidaction, s'est elle interrogée sur le choix hasardeux (ou non) de cet agenda. "Une ignorance de ce que représentent ces dates, de la provocation ou du mépris ?", a-t-elle réagi sur son compte Twitter. Un sentiment de colère partagé par l'association Act Up Sud-Ouest, qui travaille à la défense de toutes les populations touchées par le VIH. "Toujours plus haut toujours plus loin dans la honte absolue ! Jamais nous ne leur laisserons la rue ! Organisons-nous ! Soyons fortEs visibles fièrEs prêtEs à riposter ! (...) Ne les laissons pas invisibiliser nos luttes !"

Sur les réseaux sociaux, les politiques se sont aussi scandalisés de ce choix de calendrier. Le Parti communiste a dénoncé très vite une "misérable provocation" de la part des opposants à la PMA pour toutes les femmes. Le député Matthieu Orphelin, ex-LaREM, a lui évoqué une "indigne provocation", jugeant que les anti-PMA montrent "leur vrai visage et aucun respect".

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Invitée par BFMTV à s'expliquer, Ludovine de la Rochère, présidente de La Manif pour tous, a défendu l'agenda défini "en fonction du calendrier parlementaire, des prochaines échéances électorales et des vacances scolaires". "Nous n'avons pas épluché toutes les journées internationales, il y en a beaucoup. La lutte contre le Sida est bien évidemment un sujet primordial et je suis infiniment désolée qu'il puisse y avoir une ambiguïté", a indiqué l'ex-enseignante. Certaines dates pourraient ainsi être modifiées. En revanche, le choix du 8 mars "a du sens" puisque, selon elle, la PMA est "un asservissement de la femme." 

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