"On a stocké la nourriture dans la neige" : ces Drômois nous racontent la vie sans électricité

"On a stocké la nourriture dans la neige" : ces Drômois nous racontent la vie sans électricité
Population

INTEMPÉRIES - Après les chutes de neige survenues le jeudi 14 novembre dernier, près de 3000 foyers sont toujours sans électricité dans le département de la Drôme. Le retour à la normale est promis d’ici dimanche soir, mais les personnes concernées s’impatientent, particuliers comme professionnels.

Nadine, habitante de Geyssans, a redécouvert les soirées à la bougie, à discuter et jouer aux échecs. "Je n’ai plus d’électricité depuis jeudi 17h45, et l’eau a été coupée dans la nuit de samedi à dimanche" a-t-elle raconté à LCI ce jeudi matin... au moment même où le courant était rétabli chez elle. Ce vendredi, près de 1000 foyers restaient privés d'électricité dans la région, selon Enedis, qui promet un retour à la normale dans la soirée.  

Pour faire face au quotidien, il a fallu s’organiser et parfois, s'en remettre au système D : "Dimanche avec mon compagnon, nous sommes tout de suite allés acheter de l’eau potable pour faire la cuisine et notre toilette. Nous avons aussi eu l’idée de récupérer de la neige pour mettre dans la cuvette des toilettes" explique-t-elle. 

Voir aussi

Alors que l'hiver s'est déjà bien installé, Nadine a la chance de pouvoir compter sur une cheminée, alors elle n’a pas (trop) souffert du froid. "Et il nous restait deux bouteilles de gaz, donc nous avons pu faire la cuisine et faire bouillir de l’eau" ajoute-t-elle. Pour varier de la toilette de chat et prendre une vraie douche, elle s’est rendue "une fois dans un centre de la Croix-rouge à Bourg-de-Péage, et une autre dans une salle polyvalente du village voisin, à Montmiral".

Le frigo déplacé à l'extérieur, dans la neige

Bien sûr, tout ce que contenait le congélateur est foutu, quant au frigo Nadine et son compagnon l’ont stocké  "dans la neige, côté nord, pour que tout reste au frais". "Mais nous avons eu plus de chance que ceux qui sont entièrement dépendants de l’électricité" reconnaît la Drômoise, qui évoque le cas d’un voisin éleveur caprin, dont les chèvres sont obligées de rester dans le noir depuis près d’une semaine.

Plusieurs éleveurs n’ont d'ailleurs toujours pas retrouvé l’électricité dans cette région du nord de la Drôme, voyant ainsi leur vie personnelle mais également professionnelle fortement impactée. Nathalie Blachon, productrice de noix et noisettes, estime ses pertes à 2500 euros depuis les intempéries. Si un petit groupe électrogène lui permet de maintenir son congélateur et de trier quelques cerneaux de noix, elle ne peut pas travailler normalement ni emballer la totalité de sa production. 

Des pertes irrattrapables

"J’ai perdu une semaine de travail, je n’ai pas pu honorer toutes mes livraisons" a-t-elle expliqué à LCI. "Je ne pourrai pas rattraper le retard, nous sommes en pleine saison des noix, les gens ont envie d’en manger maintenant. Du coup cette semaine ils se sont tourné vers la centrale d’achat." 

Pour d'autres agriculteurs la situation est encore plus critique. France Bleu Drôme Ardèche rapporte ce jeudi qu'un éleveur de volailles a vu 25.000 de ses 90.000 bêtes mourir après le vol du carburant du groupe électrogène qui lui servait à chauffer leur bâtiment. 

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter