Mort de Steve Maia Caniço : face aux critiques, la direction de l'IGPN se défend

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STEVE - Interrogés par le quotidien Libération, la directrice de l'IGPN et le chef de l'unité de coordination des enquêtes justifient les conclusions du rapport sur l'intervention de policière survenue à Nantes le soir de la disparition de Steve.

Ils se défendent. Brigitte Jullien, directrice de l’Inspection générale de la police nationale et David Chantreux, chef de l’unité de coordination des enquêtes, répondent aux critiques quant à la synthèse de l’enquête administrative de la police des polices. Rendu public mardi dernier par Édouard Philippe, le rapport de l'IGPN n’établit aucun lien direct entre l’intervention des forces de l’ordre et la disparition de Steve Maia Caniço.

"On ne dit pas 'circulez, y a rien à voire !'", répond Brigitte Jullien au journal Libération. "Nous n'avons jamais eu la volonté de blanchir qui que ce soit.", ajoute David Chantreux. Le rapport suscite de vives critiques et interrogations, tant chez l'avocate de la famille du jeune homme que chez des responsables politiques ou des participants à cette soirée, dont aucun n'a été auditionné dans cette procédure. 

"On ne dit pas qu’il n’y a aucune possibilité qu’il y ait un lien entre la chute de Steve et l’intervention de police, ou que la victime est tombée pour une tout autre cause", justifie David Chantreux, "on dit simplement qu’on n’a pas établi un lien avec les moyens d’une enquête administrative." Le chef de l'unité de coordination des enquêtes explique par ailleurs que "ce ne sont pas des moyens de police judiciaire [...] Il n’est par exemple pas possible d’accéder aux procès-verbaux de plainte. On ne peut pas non plus convoquer des tiers, ils doivent se présenter spontanément." 

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Une intervention policière "légitime"

Interrogée sur l'intervention policière en elle-même, Brigitte Jullien renvoie à la synthèse du rapport de l'IGPN "l’emploi de la force était légitime en réaction à des jets de projectiles." Une réponse juridique sans porter de jugement sur les consignes des autorités d'aller couper la musique : on ne s'est pas autorisés à le faire, ce n'est pas l'objet de notre saisine. C'est l'IGA (Inspection générale de l'administration) qui le fera", précise la directrice de l'IGPN.

David Chantreux, de son côté, ajoute que le rapport de l'IGPN ne constitue "qu’une réponse provisoire au déroulé des événements."  Le chef de l'unité de coordination des enquêtes modère la portée de ce rapport : "on a rendu les conclusions d’une enquête administrative, qui est circonscrite, et qui au regard de l’ampleur de l’affaire et de la gravité des faits, ne peut pas répondre en trois semaines à la question posée." Plusieurs enquêtes sont en cours pour faire la lumière sur les événements de la nuit du 21 au 22 juin dernier au cours de laquelle Steve Maia Caniço a disparu à Nantes.

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