Muriel Pénicaud met la pression sur les plus de 200 entreprises qui n'ont pas renseigné l'index égalité femmes-hommes

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EGALITE FEMMES-HOMMES - Invitée du Grand jury sur LCI, RTL et Le Figaro, la ministre du Travail a fait le point sur les premiers retours de l'index de l'égalité professionnelle mis en place au 1er mars. Et rappelé les sanctions qui menaçaient les entreprises contrevenantes.

Grande cause du quinquennat, l'égalité entre les femmes et les hommes continue d'être défendue par le gouvernement. Au milieu d'une interview essentiellement consacrée à la réforme de l'assurance-chômage, où elle s'est défendue de créer des dispositifs appauvrissant les chômeurs, Muriel Pénicaud a trouvé un espace pour présenter un bilan intermédiaire de l'index pour l'égalité professionnelle entre les femmes et les hommes.

15% "sont en alerte rouge"

Sur le plateau de LCI, dimanche 23 juin, la ministre du Travail est ainsi revenue sur ce dispositif, introduit au 1er mars, qui fait obligation aux entreprises françaises de plus de 1000 salariés de publier leur situation sur le sujet. Si l'ancienne DRH a souligné que "1130 entreprises" ont respecté cette obligation "sur les 1340 concernées", elle a également rappelé les sanctions qu'encouraient les structures qui n'y avaient pas satisfait. "L'inspection du travail et la direction générale du travail sont en train de les contacter. S’ils ne se conforment pas très vite, ils vont être mis en demeure et ils pourront avoir des sanctions financières". Des sanctions qui "peuvent aller jusqu'à 1% de la masse salariale".


Approfondissant ce premier état des lieux, Muriel Pénicaud poursuit, à propos des grandes entreprises qui ont publié leur index : "La grande majorité a du travail à faire", puisque "15% sont en alerte rouge". "Des résultats vraiment mauvais", estime-t-elle. En l'occurrence, un index inférieur à 75 points, le seuil défini par la loi sur l'égalité professionnelle qui les expose, sans réaction sous trois ans, aux mêmes sanctions que les entreprises qui n'ont pas voulu répondre. Signe que la ministre a entendu une partie des critiques formulées à l'égard de l'index, elle qui le définissait alors comme "une forme de progrès irréversible".

"Une toute petite minorité" à 100 points

Celui-ci, divisé en cinq items, offrait 40 points quand il n'y avait aucun écart salarial entre les femmes et les hommes, à poste et âge égal, 20 points quand les femmes ont la même chance d'avoir une augmentation que les hommes, 15 points quand les femmes ont la même chance de promotion que les hommes, 15 points quand elles sont augmentées à leur retour de congé maternité, dès lors que des augmentations ont été données en leur absence, 10 points quand au moins quatre femmes ou hommes figurent dans les 10 plus hautes rémunérations. Une répartition des points qui laissait donc la possibilité aux entreprises de ne pas être sanctionnées si elles continuaient de discriminer les femmes enceintes, par exemple.


De la même façon, Muriel Pénicaud a indiqué que seule "une toute petite minorité" des entreprises de plus de 1000 salariés a obtenu la note maximale de 100 points. L'index sera étendu aux entreprises de plus de 250 salariés au 1er septembre et de plus de 50 salariés au 1er mars 2020. Selon les derniers chiffres, à travail égal, les femmes sont rémunérées environ 9% de moins que les hommes. L'écart atteint 25% postes confondus et 37% au moment de la retraite.

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