Orléans, Nantes, Nice, Lyon : des "foyers" ont-ils été privés d'électricité par les grévistes ?

Des coupures d'électricité ont été constatées partout dans le pays depuis quelques jours. Des actions "illégales" que la CGT a revendiquées.

A LA LOUPE - Des coupures d'électricité ont été enregistrées à Lyon, Nantes, Nice ou encore Montluçon, touchant non seulement des entreprises et des établissements publics mais aussi des particuliers. Si le réseau a rapidement été rétabli par RTE et Enedis, la CGT, qui revendique la majorité de ces perturbations, estime que gêner les usagers est "le seul moyen de se faire entendre".

Mise à jour le 18/12

Enedis indique que des coupures d'électricité ont également eu lieu au port de Dunkerque et à Paris.

Ce mardi, 2793 coupures ont été enregistrées dans la capitale dont la plupart ont été rétablies dans les 30 minutes. 700 personnes ont été dans le noir sur une période plus longue sur le secteur de Bastille Chemin Vert, autrement dit, sur un bout du parcours de la manifestation.

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L'info passée au crible

De nombreuses coupures d'électricité ont eu lieu en France ce mardi 17 décembre. Cette nuit, la Gironde a été touchée, ce matin, c'était au tour de la ville de Lyon. Cet après-midi, les villes de Nantes et de Nice, ont elles aussi, été impactées. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont fait part de cet arrêt soudain, posant la question d'un éventuel lien avec la journée de mobilisation contre la réforme des retraites.

Contactée par LCI, la CGT du Réseau de Transport d'Electricité (RTE) revendique ces coupures à Lyon, en Gironde et à Nantes. Si jusquà aujourd'hui, les grévistes assuraient s'attaquer aux établissements publics et aux grandes entreprises, évoquant "des dommages collatéraux" lorsque des particuliers étaient touchés, le ton a changé. 

"Ces coupures n'ont pas ciblé que des particuliers, souligne dans un premier temps Francis Casanova, délégué syndical central CGT chez RTE, à Lyon par exemple, la coupure a impactée l'usine Safran, mais gêner l'ensemble des usagers est devenu le seul moyen de se faire entendre", assume-t-il.

A 15h, la direction de RTE notait trois "actes de malveillance" sur leurs installations. En Gironde, "deux postes électriques, l'un situé à Mios, sur le bassin d'Arcachon, et l'autre à Cissac-Médoc, ont été touchés, entraînant la coupure de 50 000 foyers cette nuit entre 00H45 et 2h15 ". A Lyon, "le poste électrique de Cusset a été touché, entraînant la coupure de Lyon 3è et 6è arrondissement, Villeurbanne et Caluire. 40 000 foyers ont été coupés au plus fort de la coupure, entre 10h06 et 10h55." 

A Nantes, "le poste électrique des Tanneurs a été touché, entraînant la coupure de 37 000 foyers dans le centre entre 13h20 et 14h40". Enfin, "les postes électriques de Saran et de Pole 45 ont été touchés, entraînant la coupure de 40 000 foyers à Orléans entre 15h et 16h15." A chaque fois, le réseau a pu être rétabli rapidement, ces coupures n'ont pas excédé plus d'1h30.

RTE n'a pas été la seule société impactée. Enedis nous confirme également avoir été touchée par des actes de malveillance "dans le centre-ville de Nantes", en parallèle, de RTE, impactant "5000 clients". "La réalimentation a été rétablie à 14h30", nous indique le service communication.

D'autres coupures ont été enregistrées à Nice, Cherbourg ou encore Montluçon. "Il s'agit de coupures isolées et mineures", souligne Enedis. Contrairement à la semaine dernière, la société n'avait pas enregistré, à l'heure de la publication de l'article, de bascule de certains foyers en heures creuses par les grévistes.

RTE comme Enedis condamnent fermement ces opérations menées par des grévistes. "En vertu du principe de continuité du service public, mentionné dans le préambule de la Constitution de 1946, le droit de grève ne saurait porter atteinte à l’intérêt général, note François Brottes, Président du Directoire de RTE. Que le droit de grève constitue un moyen d’expression pour les salariés et les organisations syndicales, personne n’a à le contester. Il peut revêtir différentes formes : arrêts de travail, manifestations, réunions, pétitions… Mais, en aucun cas, des actions dans les postes, qu’ils soient exploités par RTE ou par un distributeur ne sauraient être acceptées. Intervenir sur les installations sans décision du dispatching, en-dehors de toutes les procédures prévues, met en risque nos concitoyens et les entreprises, et leurs salariés, avec une dégradation de la qualité de fourniture d’électricité et des risques sur l’environnement."

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"Nous respectons évidemment le droit de grève de nos salariés mais nous condamnons tout acte de malveillance, indique également Enedis. Chaque acte est identifié auprès des autorités et fait l'objet d'un dépôt de plainte. Nous ne sommes pas là pour faire les pompiers. Cela nous est d'ailleurs demandé par le ministère, nous sommes une entreprise de service public." Chaque acte touchant des postes électriques de RTE a, là aussi, fait l'objet d'un dépôt de plainte. Nous mettrons "en œuvre les procédures disciplinaires nécessaires", ajoute la direction.

Pour limiter les désagréments, les deux sociétés ont toutes deux indiqué avoir renforcé leur dispositif de gardiennage des postes électriques ce mardi, comme lors des précédents mouvements sociaux.

La CGT, qui assume ses désagréments, assure qu'elle ira plus loin "si le gouvernement ne retire pas son projet". "Toute l'électricité en France passe par le réseau RTE, souligne Francis Casanova. Il faut avoir conscience que nous pouvons avoir un impact encore plus large."

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