"Négrophobie d'Etat": le procès de l'homme qui avait tagué la statue de Colbert renvoyé en janvier

"Négrophobie d'Etat": le procès de l'homme qui avait tagué la statue de Colbert renvoyé en janvier

VANDALISME - Après la statue de Faidherbe à Lille, ou celle du général Gallieni à Paris, celle de Jean-Baptiste Colbert, devant l'Assemblée nationale, avait été taguée à la peinture rouge mardi 23 juin. L'auteur du graffiti, qui revendique une action antiraciste, devait être jugé ce vendredi. Le procès a été renvoyé au 18 janvier.

De la peinture rouge, et l'inscription "Négrophobie d'Etat" en lettres capitales. C'est ainsi que la statue de Jean-Baptiste Colbert devant l'Assemblée nationale avait été vandalisée mardi 23 juin. L'auteur du graffiti, arrêté le jour même, devait être jugé vendredi 14 août  pour des faits d'"inscription, signe ou dessin réalisés sur une façade, une voie publique ou du mobilier urbain" au tribunal de Paris, dans le quartier des Batignolles.

Le procès a toutefois été renvoyé vendredi par le tribunal correctionnel de Paris au 18 janvier 2021. Franco Lollia, un Guadeloupéen de 48 ans, est venu au tribunal accompagné d'une vingtaine de soutiens, parmi lesquels certains portaient des tee-shirts "Brigade antinégrophobie". Il a demandé le renvoi de son procès, son avocat se trouvant en Martinique.

Cet acte s'inscrivait dans une série d'actions antiracistes qui avaient eu lieu en France et ailleurs, dans le sillage de la mort de Georges Floyd qui a embrasé les Etats-Unis en mai dernier, remettant notamment en cause la question des symboles racistes et coloniaux dans l'espace public. 

"Apologie de la négrophobie"

Une vidéo postée sur Twitter par la "Brigade antinégrophobie" avait montré l'auteur du tag être interpellé par la police et se justifier : "Ce qui est interdit, c'est le racisme. Cet homme-là (Colbert, ndlr) fait l'apologie de la négrophobie".

D'autres statues taguées en France

Dans le sillage des manifestations antiracistes dans le monde à la suite de la mort de l'Américain George Floyd et, en France, des manifestations réclamant "justice pour Adama Traoré", les monuments et statues liés à l'histoire coloniale française ou à la traite négrière s'étaient à nouveau retrouvés au centre d'une polémique mémorielle. 

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Le piédestal de la statue du général Faidherbe, en plein centre de Lille, avait été tagué des mots "colon" et "assassin" inscrits en rouge, au lendemain d'une manifestation visant à réclamer son retrait de l'espace public. La statue du général Gallieni, place Vauban à Paris, avait été également vandalisée, le 18 juin dernier. Des militants antiracistes l'ont bâchée symboliquement pour dénoncer le rôle du militaire durant la colonisation.

Face à la recrudescence de ces actes de vandalisme et aux appels à déboulonner les statues jugées racistes, le président de la République avait réagi, le 15 juin dernier. "La République n’effacera aucune trace ni aucun nom de son Histoire. La République ne déboulonnera pas de statue. Nous devons plutôt lucidement regarder ensemble toute notre Histoire, toutes nos mémoires", avait-il martelé, promettant par ailleurs un projet de loi à la rentrée sur les séparatismes. 

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