Nouvelle-Calédonie : après le deuxième "non" à l'indépendance, que va-t-il se passer ?

Nouvelle-Calédonie : après le deuxième "non" à l'indépendance, que va-t-il se passer ?

RÉFÉRENDUM - La Nouvelle-Calédonie s'est à nouveau prononcée contre l'indépendance, lors du second référendum organisé dimanche 4 octobre. Le "non" recule cependant, et ouvre la voie à une possible nouvelle consultation.

Un "non" loin de signer la fin du long processus politique en Nouvelle-Calédonie. Les Néocalédoniens ont renoncé pour la deuxième fois, dimanche 4 octobre, à leur indépendance lors d'un référendum marqué par une forte participation. Mais ce scrutin a signé une forte progression des indépendantistes, puisque les partisans du maintien dans la République française ne sont plus que 53,26%, contre 56,7% lors du premier référendum, en novembre 2018.

Dans ce contexte, Emmanuel Macron a rappelé dimanche soir qu'un troisième référendum "est possible". En effet, les accords de Nouméa signés en 1998 prévoient qu'en cas de "non" lors de la consultation, il est possible d'organiser jusqu'à trois référendums, si un tiers des membres du Congrès de la Nouvelle-Calédonie en faisait la demande. A l'inverse, un "oui" à l'indépendance serait ferme et définitif et n'entraînerait pas d'autre consultation. 

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Référendum historique sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie

Possible scrutin en 2021 ou 2022

Le scénario est fortement plausible. Les indépendantistes, encouragés par leur score en progression, ont d'ores et déjà appelé à la tenue d'un troisième référendum. Si cette option était retenue, la consultation populaire pourrait avoir lieu entre septembre 2021 et la fin du mois d'août 2022, comme en avaient convenu l'ancien Premier ministre Edouard Philippe et les forces politiques calédoniennes, avec le souci d'éviter que ce troisième scrutin ne se téléscope avec les élections présidentielle et législatives. 

A l'inverse, les partisans du "non" voudraient éviter l'organisation d'un troisième référendum, compte tenu du recul de leurs positions. "Aller au troisième référendum, sans dialoguer, sans chercher une solution commune, sans avancer les uns vers les autres, va générer un risque réel de crispation, voire de guerre civile", a ainsi prévenu Sonia Backès, la vice-présidente de la province Sud. 

Trouver une voie moyenne ?

Alors que les forces politiques calédoniennes des deux bords ont regretté le silence du gouvernement durant cette campagne référendaire, Emmanuel Macron a indiqué dimanche que l'exécutif prendrait "des initiatives" dans les prochains jours pour "bâtir un nouveau projet". L'enjeu est de préparer la suite des accords de Nouméa, dont les référendums marquent la fin. 

"La période qui s’ouvre marquera la dernière étape de l’accord de Nouméa", a indiqué Jean Castex dans un communiqué. "Les prochains mois devront permettre d’approfondir les différentes options qui s’offrent à la Nouvelle-Calédonie et d’imaginer concrètement les solutions institutionnelles mais aussi politiques, économiques et sociales sur le chemin du destin commun." Le Premier ministre a précisé qu'il prendrait "prochainement" l'initiative "de réunir tous les acteurs disposés à travailler ensemble à la poursuite du processus de dialogue et de paix à l'oeuvre depuis trente ans".

L'enjeu pour l'exécutif serait de préparer la victoire du "non" - ou du oui en cas de nouveau référendum - en relançant les discussions avec les parties prenantes. "Il faudra que les forces politiques calédoniennes s’engagent, que les partisans du “oui” acceptent d’envisager l’hypothèse et les conséquences du “non” ; et que les partisans du “non” acceptent d’envisager l’hypothèse et les conséquences d’un “oui”", a prévenu Emmanuel Macron. 

Encore faut-il que l'objet des discussions fassent consensus. Les indépendantistes se sont dit ouverts au dialogue, mais pour Roch Wamytan, le président (UC-FLNKS) du Congrès, l'objet d'une négociation serait "la place du peuple kanak car c'est lui qui est colonisé, et le lien à la France que nous questionnons depuis 167 ans". Inversement, pour le loyaliste Thierry Santa, "si l'on se met autour de la table, ce n'est pas pour discuter de l'indépendance, mais pour prendre en compte la volonté exprimée par le résultat du référendum". Des positions qui semblent, pour l'heure, difficiles à concilier. 

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