Nuit de la solidarité : plus de 3550 sans-abri recensés fin janvier à Paris, 12% sont des femmes

Nuit de la solidarité : plus de 3550 sans-abri recensés fin janvier à Paris, 12% sont des femmes
Population

INVISIBLES - Plus de 3550 sans-abri ont été comptabilisés fin janvier à Paris lors de la troisième édition des "Nuits de la solidarité", une grande maraude qui vise à recenser les SDF vivants dans les rues, les gares, les parcs, les parkings ou encore les halls d'hôpitaux. Comme l'an passé, la proportion de femmes demeure importante.

Un total de 3552 sans-abri ont été recensés à Paris fin janvier lors de la "Nuit de la solidarité", organisée pour comptabiliser les sans-domicile dans la capitale, selon les résultats dévoilés mardi 11 février par la mairie. Inspirées par des initiatives existant à l'étranger, comme à New York, Bruxelles ou Athènes, des "Nuits de la solidarité" ont eu lieu dans plusieurs autres villes en France, notamment Grenoble et Metz, pour pallier l'absence d'enquête nationale sur le sujet. 

L'année dernière, 3622 personnes avaient été recensées en une nuit, en nette hausse par rapport aux 3035 sans-abri dénombrés en 2018 lors de la première édition de l'opération. "Il y a une stabilité par rapport à l'année dernière et ça aurait pu être encore moins", explique à l'AFP Dominique Versini, adjointe à la Solidarité de la mairie, évoquant l'évacuation d'un campement de migrants porte d'Aubervilliers deux jours après le comptage, qui a eu lieu le 30 janvier dernier.

Lire aussi

De plus en plus de sans-abris dans le XIXe

Sur les 3552 sans-abri recensés, 2629 l'ont été dans les rues, notamment dans le XIXe arrondissement où leur nombre a fortement augmenté (664 contre 466 en 2019). Leur présence a en revanche décliné dans les XVIIIe (322 contre 507) et Xe arrondissements (274 contre 359). Selon les chiffres révélés par la mairie de Paris, 558 sans-domicile (contre 751 en 2019) ont par ailleurs été comptés dans les gares, métros, urgences hospitalières, parkings ou immeubles HLM et 365 autres ont été comptabilisés dans les bois, les jardins et les bords du périphérique parisien, contre 639 en 2019.

"Ces chiffres s'expliquent par le déplacement des campements de migrants", assure Vanessa Benoit, directrice adjointe du Centre d'action sociale de la ville de Paris, qui observe une légère augmentation dans les arrondissements centraux de la capitale. "La météo assez clémente a permis aux SDF de faire la manche dans les arrondissements plus passants, au lieu d'aller dans les métros ou autre pour se protéger du froid", indique-t-elle pour justifier ces changements de localisation.

En vidéo

Les nouvelles technologies qui permettent de venir en aide aux SDF

Comme lors de la précédente "Nuit de la solidarité" en 2019, 12% des sans-abris rencontrés étaient des femmes. "Cela montre qu'il faut continuer d'ouvrir des lieux d'accueil spécifiquement pour les femmes, c'est un nouveau phénomène qu'on doit apprendre à gérer", note Dominique Versini, adjointe à la Solidarité de la mairie. Un centre d'hébergement, pouvant accueillir 140 femmes isolées et sortant de maternité, doit ouvrir "dans les semaines à venir" dans le IIe arrondissement, selon l'élue.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent