Sébastien a eu sa location annulée car il est Mayennais : "On s'est sentis presque pestiférés"

Sébastien a eu sa location annulée car il est Mayennais : "On s'est sentis presque pestiférés"
Population

MAL-AIMÉS - Avec 464 cas confirmés de Covid-19, la Mayenne est depuis plusieurs jours placée sous haute surveillance, le département étant classé en zone de "vulnérabilité élevée". Ce triste coup de projecteur sur le département a eu des effets négatifs sur les habitants, qui se sentent dénigrés par le reste du pays.

Depuis plusieurs jours, le département de la Mayenne a été classé en zone de "vulnérabilité élevée", avec notamment près de 464 personnes déclarées positives sur une population de quelques 300.000 habitants. Si des mesures ont été prises comme le port du masque obligatoire dans les lieux publics clos ou encore les tests systématiques, de nombreux habitants du département vivent mal cette situation.

Une réservation annulée par le propriétaire

Ainsi, Nadège et Sébastien, qui avaient pour projet de partir se ressourcer un week-end en famille dans un gîte en Bretagne, ont vécu une triste mésaventure. Alors que tout était ficelé, leur réservation a été tout simplement annulée par le propriétaire du gîte, qui a invoqué le motif de sécurité "en raison de la situation sanitaire en Mayenne".

En recevant cet appel, Sébastien, habitant de Laval, en Mayenne, ne s’attendait pas à une telle issue : "J’étais à court d’arguments, il m’a pris de court quand il m’a appelé. Le sentiment, c’était qu’on était un peu désabusés. On s'est dit qu’on était presque pestiférés." Comme eux, les habitants de Laval se sentent de plus en plus indésirables, montrés du doigt.

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"A partir du moment où vous dites : 'Je viens de Laval', et bien là : 'Il ne faut pas l’approcher !'. C’est comme la tuberculose" indique un riverain, quand une autre déclare : "Si on dit qu’on est Mayennais, il y a tout de suite un petit rictus." "Cela ne nous fait pas une bonne pub !" poursuit un Mayennais, au micro de TF1.

Mal perçus dans les autres régions où ils veulent passer des vacances, les Mayennais souffrent également d’une désertion des touristes, qui fuient le département. D’ordinaire, les terrasses du centre-ville de Laval sont pleines, mais aujourd’hui elles sont presque vides. Le coup est également très dur pour les hôteliers. "Aujourd’hui, on est à 50% du taux d’occupation par rapport à l’année dernière où on était à 90. C’est un peu plus difficile" déplore Stéphanie Bruneau, co-gérante du "Best Western", à Laval.

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