Tags négationnistes à Oradour-sur-Glane : l'indignation du dernier survivant du massacre

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TÉMOIGNAGE - Robert Hebras, dernier rescapé du massacre qui a eu lieu en juin 1944, a réagi ce samedi après la découverte de tags dans le village martyr.

Scandalisé, mais pas surpris. Robert Hebras, le dernier rescapé du massacre d'Oradour-sur-Glane, a réagi ce samedi après la découverte de tags négationnistes à l'entrée des ruines du village martyr.

"Ce qui me choque c’est que l’on ne prenne pas conscience que des enfants et des femmes ont disparu dans des douleurs atroces", a déclaré Robert Hebras, 95 ans, auprès de l'AFP. "A Oradour, on se rend compte de ce qu’il s’est passé, comment les gens ont été froidement exécutés et brûlés. Ce que je crains, c’est que tout le monde parle d’Oradour durant 48 heures et puis qu’on arrête, qu’on oublie."

"Je le prévoyais depuis x temps"

"Ce qui est arrivé je le prévoyais depuis x temps, parce qu'aujourd'hui on oublie, on a tendance à oublier", a ajouté le rescapé auprès de France Bleu Haute-Vienne. Et Robert Hebras de regretter que "beaucoup de générations qui arrivent derrière ont tendance à vouloir rayer tout ça, et ils ne se rendent pas comptent que l'on est à la veille d'un conflit."

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Le 10 juin 1944, la division SS Das Reich a tué 642 villageois à Oradour-sur-Glane. Les Allemands avaient rassemblé les hommes dans les granges du village et les avaient fusillés. Ils avaient regroupé femmes et enfants dans l’église avant d'y mettre le feu. Robert Hebras, lui, était alors âgé de 19 ans. Celui qui a perdu sa mère et ses deux sœurs avait réussi à s'échapper de la grange, juste avant que les soldats n'y mettent le feu.

Plus de 75 ans plus tard, ce samedi, des tags ont été découverts sur le centre de la mémoire, érigé sur place. Sur une photo mise en ligne par le Populaire du centre, on voit le mot "martyr" rayé à la peinture, une bâche bleue couvrant des inscriptions. Selon le journal, "le mot 'menteur' a été ajouté ainsi qu'une référence à un révisionniste et à des théories qui régulièrement refont surface à propos du village martyr haut-viennois". Une enquête a été ouverte au parquet de Limoges.

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