"Paris englouti", "l'Europe à Lille"... A quoi s'attendre pour "l'acte 16" des Gilets jaunes ?

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La colère des Gilets jaunes

PRÉVISIONS - Comme chaque semaine depuis plus de trois mois, des appels à manifester ont été lancés sur la Toile en faveur d'un nouveau samedi de mobilisation nationale. Ce 2 mars marquera le seizième et là encore, la province est concernée au même titre que la capitale.

Cent-six jours et seize samedis de contestation. Si les "actes 17 et 18" des Gilets jaunes font déjà parler d'eux, c'est bien un seizième samedi de mobilisation nationale que la France s'apprête à vivre ce 2 mars. 

Après avoir fêté dimanche dernier ses 100 jours, le mouvement, qui fait face à une baisse de mobilisation et un soutien en repli dans l’opinion, a en effet décidé de regarder plus loin que le samedi prochain. Déjà, donc, les regards se tournent vers les samedis 8 et 16 mars, date à laquelle des groupes Facebook entendent poser un "ultimatum" à Emmanuel Macron à Paris, à l'occasion de la fin du Grand débat. Et d'ici là, à quoi doit-on s'attendre ? 

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"Paris englouti"

Comme chaque samedi depuis le 17 novembre, Paris s'annonce comme le point central de la contestation pour cet "acte 16". Sur Facebook, plusieurs événements ont notamment été créés, invitant à se rassembler une nouvelle fois sur les Champs-Elysées et la place de l'Etoile.

Intitulées "Gilets jaunes acte 16 : Insurrection" et "Acte 16 On Engloutie Paris" (sic), les pages de deux de ces événements rassemblent à elles seules près de 6.500 personnes intéressées, tandis que les organiseurs annoncent leur intention de "bloquer la place de l'Etoile le plus longtemps possible" et avertissent : "MANIF NON DÉCLARÉE!!! FINI LE PACIFISME!!!". Un troisième événement - "Acte 16 : Gilets Jaunes Unis : On Lâche Rien" réunissait quant à lui ce jeudi déjà près de 2.000 personnes intéressées, leur donnant également rendez-vous autour de l'Arc de Triomphe.

Alors que deux manifestations, empruntant le même itinéraire dans l’ouest et le sud-ouest parisien, et quatre rassemblements ont été déclarés auprès des services de la préfecture de Police, un dispositif sera déployé en conséquence. Dans le détail, le secteur bas des Champs Elysées - Concorde - Elysée - Beauvau fera l’objet d’un périmètre d’exclusion avec l’interdiction de la circulation et de tout rassemblement dans ce périmètre tandis que l’Assemblée Nationale et ses abords, ainsi que le secteur Varenne / Grenelle où siègent l’Hôtel de Matignon et de nombreux ministères, feront également l’objet d’une présence policière renforcée.

Comme d'ordinaire, toutes les manifestations déclarées feront l'objet d'un accompagnement, tout au long de l’itinéraire, par les forces de l'ordre. En outre, des contrôles d’identité et fouilles des sacs seront effectués de façon aléatoire dans un large périmètre en périphérie des lieux de rassemblements, tout contrôle en possession d’une arme ou d’une arme par destination donnant lieu à interpellation. Maxime Nicolle, l'une des figures du mouvement, pourrait être présent à Paris samedi. 

"L'Europe à Lille"

En dehors de la capitale, plusieurs appels à manifester ont également été lancé sur la Toile. Ils concernent notamment Lille, où une "manifestation régionale et internationale" se profile. L'invitation a donc vocation à attirer, outre les manifestants de la capitale des Hauts-de-France, des renforts Gilets jaunes venus de toute la France mais aussi de "Belgique, d'Angleterre, du Luxembourg, des Pays-Bas et du Nord de l'Allemagne". 

Et l’assemblée régionale des Gilets jaunes d'inviter dans un communiqué les manifestants "de tous les pays concernés, à mettre en place des bus, covoiturages, afin de rejoindre les manifestations le plus massivement possible". Une manifestation déclarée est prévue à 14 heures à partir de la place de la République, à Lille. 

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Interdiction de manifester à Rennes

Alors qu'un nouvel appel à manifester à Rennes circule également, la préfecture d'Ille et Vilaine, dénonçant "un déchaînement de violence", a pris un arrêté d'interdiction de manifester un périmètre très élargi, concernant l'hyper-centre-ville.

"Sans dépôt de déclaration en préfecture ni contact préalable malgré une invitation au dialogue" et "afin de garantir la sécurité des personnes et des biens, la préfète a décidé d’interdire à nouveau toute manifestation ou tout rassemblement revendicatif dans le centre-ville de Rennes ce samedi 2 mars 2019 de 10h00 à 23h59, dans un périmètre élargi", indique ainsi un communiqué ce vendredi. 

Une conséquence de "l’escalade de violence qui a marqué les précédentes manifestations des Gilets jaunes, en particulier lors du rassemblement interrégional du 23 février", précise le texte. Pour rappel, samedi dernier, autour de 2.000 personnes, selon la police, ont défilé à Rennes où des affrontements ont rapidement éclaté entre manifestants et forces de l'ordre qui ont riposté par des tirs de lacrymogènes.

De nouveaux rassemblements à Bordeaux, Lyon et Toulouse

Ailleurs en province, il faut s'attendre à un nouveau rassemblement place de la Bourse à Bordeaux, où la mobilisation montre peu de signes d'essoufflement depuis le début du mouvement, ainsi qu'à Toulouse. A Lyon, plusieurs manifestations sont prévues, dont une seule a été déclarée en préfecture - le préfet appelant les participants "à la responsabilité" compte-tenu des événements survenus dans cette ville les semaines passées. 

Pour rappel, les manifestants étaient encore très mobilisés en régions le 23 février, puisqu’ils étaient plus de 40.000 d'après un décompte du ministère de l'Intérieur, contesté par les Gilets jaunes.

Par ailleurs, rapporte Paris-Normandie, un rassemblement de 600 camions de forains est attendu dans l'Eure et le sud de la Seine-Maritime, dans le cadre d'une opération escargot, mais cette manifestation est indépendante de "l'acte 16", ont précisé les organisateurs. 

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