Les expulsions locatives atteignent un niveau record, la fondation Abbé Pierre réclame un plan d'urgence

Les records d'expulsion ont atteint des records, en 2018, dénonce la Fondation Abbé Pierre.
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SOCIAL - 2018 détient un triste record : jamais les chiffres des expulsions locatives n'ont été aussi élevés. "Plus de 36.000 personnes" ont été expulsées manu militari selon la Fondation Abbé Pierre, qui réclame, ce lundi 28 octobre, un "plan d'urgence" pour enrayer le phénomène qui s'aggrave d'année en année.

La Fondation Abbé Pierre tire à nouveau la sonnette d'alarme, ce lundi 28 octobre, contre ce qui constitue selon elle un baromètre de la pauvreté en France. D'après l'association, l'année 2018 détient le record des "expulsions locatives" manu militari. Au total, 36.000 personnes ont été expulsées de leur logement l'an dernier. De quoi pousser la Fondation Abbé Pierre à réclamer un plan d'urgence pour enrayer ce phénomène qui s'accroît d'année en année. 

Dans le détail, 15.993 ménages ont été expulsés en présence des forces de l'ordre, une hausse de 2,9% sur un an, s'inquiète l'association dans un communiqué. La Fondation rappelle également qu'entre "deux et trois fois plus" de ménages sont réellement expulsés, car beaucoup partent avant l'arrivée des policiers ou des gendarmes.

"Un très mauvais signal"

La Fondation alerte sur le "contexte dramatique" dans lequel se font ces expulsions, avec "la trêve hivernale qui débute le 1er novembre". Malgré le plan de prévention des expulsions mis en place par l'Etat, les procédures sont longues et les effets concrets et immédiats se font toujours attendre. "On bat des records d'expulsions avec les forces de l'ordre année après année. Cela veut dire que notre manière d'agir n'arrive pas à endiguer ce fléau", déplore Christophe Robert, délégué général de l'association, qui évoque "un très mauvais signal."

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Les décisions de justice ordonnant une expulsion ont légèrement diminué (moins de 155.000 en 2018, contre 158.700 l'année précédente, selon la Fondation), tout comme le nombre d'assignations au tribunal (moins de 120.000, contre 124.500 en 2017). Mais "ce qui manque cruellement, c'est de fixer aux préfets des objectifs concrets de baisse du nombre d'expulsions en bout de chaîne", estime Christophe Robert. La Fondation Abbé Pierre réclame depuis fin mars dernier un "plan d'urgence", estimé à "100 millions d'euros". 

Le fonds d'indemnisation des bailleurs en chute libre

De quoi permettre, par exemple, le triplement du budget du fonds d'indemnisation des bailleurs, qui permet aux préfets d'empêcher une expulsion et de laisser une chance à un ménage de se maintenir dans son logement, en compensant financièrement le propriétaire. 

On ne peut pas écoper en permanence les situations difficiles des personnes à la rue, sans intervenir efficacement en amont sur les expulsions locatives- Christophe Robert, délégué général de la Fondation Abbé Pierre

En effet, selon la Fondation, ce fond d'indemnisation a drastiquement baissé depuis 2005 : le chiffrage est estimé à 78 millions d'euros en 2005 à 24 millions d'euros en 2017. La Fondation propose aussi de doubler les aides distribuées par les départements aux ménages en difficulté via le Fonds de solidarité logement (FSL).

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Un stage de pauvreté pour les élus ?

Alors que le gouvernement a annoncé en septembre l'accroissement des moyens consacrés au programme d'aide au logement des sans-abris, dit du "Logement d'abord", l'association dénonce un "paradoxe". "On ne peut pas écoper en permanence les situations difficiles des personnes à la rue, sans intervenir efficacement en amont sur les expulsions locatives", juge M. Robert.

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