Plomb de Notre-Dame : faut-il s’inquiéter pour tout le centre de Paris ?

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Incendie à Notre-Dame : un symbole de Paris dévasté par le feu

RISQUE SANITAIRE - Les craintes de pollution au plomb ne sont pas totalement dissipées, cinq mois après l'incendie de la cathédrale. Un relevé réalisé dans un appartement le 6 septembre fait état de taux 20 fois supérieurs aux normes, et la mairie de Paris a adopté un nouveau plan contre cette pollution.

Quel est l'impact exact de la pollution au plomb provoqué par l'incendie de Notre-Dame de Paris ? Quatre mois après avoir été partiellement consumée par les flammes, la situation autour de la cathédrale continue d'inquiéter de nombreux riverains, exposés aux poussières de ce métal particulièrement nocif pour la santé. 

Le dernier chiffre donne le tournis : des prélèvements effectués le 6 septembre révèlent une concentration 20 fois supérieure aux normes. Selon Le Monde, qui révèle vendredi 20 septembre ces chiffres, le relevé a eu lieu dans un appartement du 7e arrondissement de Paris, situé à deux kilomètres de l'édifice. "100 000 µg/m2, c’est le signe d’une surcontamination évidente", a précisé au quotidien un spécialiste du Haut Conseil à la santé publique, lequel n'a "jamais vu" de tels niveaux. 

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Pour l'association Robin des Bois, qui a déposé une plainte fin juillet pour mise en danger de la vie d'autrui en accusant les autorités d'avoir tardé à réagir, ces chiffres montrent que des prélèvements doivent désormais être faits dans les logements privés. A ce jour, seul le périmètre direct a été concerné : après l'incendie mi-avril, les niveaux mesurés sur le parvis (500.000 à 900.000 µg/m2) et dans la cathédrale ont justifié la fermeture au public et la suspension du chantier fin juillet. Il a repris le 19 août, avec de nouvelles mesures de protection pour les travailleurs. Mais des mesures prises dans les alentours ont révélé des valeurs disparates, difficiles à interpréter: 50.000 µg/m2 rue de la Cité ou encore 20.000 µg/m2 place Saint-Michel, de l'autre côté de la Seine.  A partir de prélèvements de ces dernières années, l'Agence régionale de santé (ARS) a estimé à 5.000 µg/m2 le niveau de pollution au plomb qu'on peut s'attendre à retrouver dans les rues de la capitale.

Les écoles du quartier font, elles aussi, l'objet d'une surveillance accrue. Environ 398 enfants scolarisés dans les établissements proches de la cathédrale ont réalisé une plombémie (analyse du taux de plomb dans le sang) depuis l'incendie. Trois cas d'enfants avec trop de plomb dans le sang ont été annoncés, mais sans qu'un lien puisse être avéré avec l'incendie de Notre-Dame. C'est en tout cas ce que l 'Agence régionale de santé (ARS) d'Ile-de-France a encore rappelé il y a quelques jours, concluant qu'il n'y avait pas de "signal d'alerte" sanitaire à ce stade. "Aujourd'hui on ne sait pas dire quelle est la contribution de Notre-Dame de Paris à cette situation. On la pense assez forte à proximité immédiate de la cathédrale, mais quand on s'éloigne, on la pense assez différente", a expliqué l'Agence.

Une "carte d'identité" chimique du plomb

L'inquiétude semble bien réelle. Depuis la rentrée scolaire, le nombre de plombémies réalisées s'est nettement accéléré, avec déjà près de 350 analyses en dix jours dans les quatre arrondissements concernés, a souligné l'ARS. Du côté de la mairie de Paris, un nouveau plan d'actions a été adopté ce mercredi. Objectif : poursuivre et renforcer les tests et le nettoyage dans les lieux accueillant des enfants de moins de 7 ans, poursuivre le dépistage du saturnisme ou encore renforcer le suivi des enfants dont la plombémie est élevée. Des tests que sollicite justement la CGT Petite Enfance : celle-ci recommande aux parents de faire passer à leurs enfants une plombémie. Elle prévoit une réunion publique d'information le 20 septembre, à la Bourse du Travail.

Reste à savoir jusqu'où faut-il élargir le périmètre dans lequel ces dépistages ont lieu. Pour y voir plus clair, l'autorité sanitaire a expliqué il y a quelques jours que le laboratoire de recherche des monuments historiques menait des travaux pour tenter d'établir la "carte d'identité" chimique du plomb de Notre-Dame. Ces recherches pourraient permettre d'"identifier si les poussières de plomb" prélevées sur la voirie "sont issues de la combustion de la cathédrale" ou de pollutions plus anciennes (revêtement des toitures, ferronneries des balcons, héritage du plomb contenu dans l'essence jusqu'en 2000...).

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