PMA pour toutes : l'Académie de médecine exprime ses "réserves"

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LOI BIOÉTHIQUE - A quelques jours de l'arrivée du projet de loi de bioéthique à l'Assemblée nationale, l'Académie nationale de médecine estime que "la conception délibérée d'un enfant privé de père" n'est "pas sans risques" pour son "développement psychologique" et son "épanouissement", dans un avis officiel sur l'ouverture de la PMA aux couples de lesbiennes et aux femmes célibataires.

L'Académie nationale de médecine entre à son tour dans le débat sur la PMA. A quelques jours de l'arrivée du projet de loi de bioéthique à l'Assemblée nationale, l'instance fait part de ses "réserves" : dans un rapport rendu public ce samedi, elle estime que "la conception délibérée d'un enfant privé de père" n'est "pas sans risques" pour son "développement psychologique" et son "épanouissement".

L'Académie "reconnait la légitimité du désir de maternité chez toute femme quelle que soit sa situation", mais juge qu'"il faut aussi au titre de la même égalité des droits tenir compte du droit de tout enfant à avoir un père et une mère dans la mesure du possible". "L'argument régulièrement avancé pour rejeter le risque pour l'enfant se fonde sur certaines évaluations, essentiellement dans quelques pays anglo-saxons et européens, faisant état de l'absence d'impact avéré sur le devenir de l'enfant", poursuit l'Académie. Mais elle "ne juge pas très convaincantes ces données au plan méthodologique, en nombre de cas et en durée d'observation sur des enfants n'ayant pas toujours atteint l'âge des questions existentielles".

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"Un certain nombre de réserves"

L'Académie "estime que, de plus en plus malmenée par les évolutions sociétales, la figure du père reste pourtant fondatrice pour la personnalité de l'enfant comme le rappellent des pédopsychiatres, pédiatres et psychologues". Dans ce rapport rendu public samedi, l'Académie affirme que son objet n'est pas de "donner un avis" sur une "mesure sociétale", mais "estime de son devoir de soulever un certain nombre de réserves liées à de possibles conséquences médicales".

Cet avis sur la loi de bioéthique, dont l'ouverture de la PMA est la mesure la plus symbolique, a été adopté en séance par l'Académie mardi 17 septembre, par 69 voix pour, 11 contre et 5 abstentions. Son rapporteur est l'ancien ministre de la Santé Jean-François Mattei. Selon ses statuts, l'Académie nationale de médecine peut être saisie d'une demande d'avis par le gouvernement et peut aussi s'autosaisir sur toute question concernant les domaines de la santé et de l'éthique médicale.

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Le projet de loi de bioéthique sera débattu à partir de mardi à l'Assemblée, promettant des débats intenses sur l'extension de la PMA à toutes les femmes. Outre cette mesure emblématique, qui avait été plusieurs fois repoussée, le texte de 32 articles prévoit une délicate réforme de la filiation et de l'accès aux origines, et aborde nombre de sujets sensibles comme l'autoconservation des ovocytes ou la recherche sur les cellules souches embryonnaires. 

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