Une factrice sanctionnée pour avoir signé à la place d'une usagère qui le lui avait demandé

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SANCTION - À Tulle, en Corrèze, une factrice a été sanctionnée d'un mois de mise à pied sans salaire pour avoir signé un colis à la place d'un usagère qui le lui avait demandé, après une plainte de sa fille. Cette pratique est interdite mais "répandue dans les campagnes", selon un syndicat.

La factrice a-t-elle été trop serviable ? Sylvie Auconie, 59 ans, a été sanctionnée par La Poste d'un mois de mise à pied disciplinaire, sans salaire, pour avoir signé un colis à la place d'une usagère qui le lui avait pourtant demandé, lors de sa tournée, à Favars, une commune de 1000 habitants située en Corrèze. Employée depuis 27 ans, la postière avait pris l'habitude de signer à la place d'une usagère quand celle-ci était absente, afin d'éviter qu'elle se déplace, mais la fille de celle-ci s'est plainte auprès de la direction de La Poste.

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Une pétition et un hashtag pour soutenir la factrice

Mardi, le conseil de discipline de La Poste a donc rendu un avis défavorable à la factrice, qui devrait être validé dans les prochains jours par la direction de l'entreprise, indique Le Parisien qui révèle l'affaire. La Poste assure "avoir conscience de l'émoi suscité par la situation de la factrice" mais estime que celle-ci a "dérogé à sa mission et à sa prestation de serment" et que son "comportement entache la confiance que les clients accordent aux facteurs et à l'entreprise".

L'affaire a suscité un mouvement de soutien pour la factrice, avec une pétition signée près de 8.000 fois et même un hashtag : #TousAvecSylvie. Selon la secrétaire de la CGT FAPT, Karine Lavaud, le fait de signer à la place des usagers quand ils le demandent est une pratique "répandue dans les campagnes".

La syndicaliste estime même que cette sanction est une "vengeance" de la direction après une grève de 29 jours "extrêmement dure dans le cadre de la réorganisation des tournées" qui a eu lieu en juillet 2019 dans le secteur de Tulle. "Depuis, les grévistes sont soumis à pas mal de pression et sont sanctionnés au moindre écart", affirme Karine Lavaud, pour qui "la sanction est lourde au regard de la faute commise".

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"Lors de ma convocation, on m'a signifié qu'une telle attitude pouvait aller jusqu'à trois mois de mise à pied. J'étais quelque part soulagée car au début, je craignais surtout le licenciement", a réagi auprès du Parisien la factrice, qui ne pense pas faire appel. "Je suis arrêtée un mois sans salaire, c'est un moindre mal. Et surtout, je peux garder mon travail." Elle prévoit de rester "humaine" mais prévient que "pour les périodes de Noël, il y aura un flux de paquets que les gens devront aller chercher s'ils ne sont pas chez eux".

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