Polémique sur les "pensions nazies" : la France veut identifier ses ressortissants qui en bénéficient

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NAZISME - Suite aux révélations du ministère allemand du Travail indiquant que 2033 personnes dans le monde touchent encore aujourd'hui une pension pour collaboration ou enrôlement de force dans le régime nazi, le ministère français des Armées annonce être train d'enquêter sur l'identité des 54 Français qui en bénéficient.

2033 personnes dans le monde touchent encore aujourd'hui une pension versée par l'Allemagne pour avoir été d'anciens collaborateurs du régime nazi, ou pour en avoir subi les frais après un enrôlement de force. C'est une loi de 1951 sur les victimes de guerre en Allemagne qui permet le versement de ces pensions. Les anciens SS ou condamnés pour crime de guerre en sont exclus. 


1532 bénéficiaires sont en Europe et, selon les chiffres du ministère allemand du Travail, 54 Français l'ont encore reçue en février. La polémique est née de Belgique, où un vote des députés, jeudi 21 février, a fait interdire ladite pension pour les 18 bénéficiaires de leur pays. En France, le gouvernement veut "prendre le temps d'étudier les choses calmement, de ne pas précipiter la polémique", assure le ministère des Armées.

Geneviève Darrieussecq, secrétaire d'état auprès de la ministre des armées, s'est exprimée dans les colonnes du Parisien à ce sujet. Elle affirme que le gouvernement n'avait "pas connaissance de cette pension" et qu'il n'est pas encore certain de l’identité de ses bénéficiaires Français. 

Il faut d’abord essayer de rechercher plus finement de qui il peut s’agir, il ne faut pas faire de jugement définitifGeneviève Darrieussecq, secrétaire d'Etat à la ministre des Armées, au journal Le Parisien

"J’ai contacté l’ambassade allemande pour avoir des éléments sur la loi de 1951, et nous allons continuer à essayer d’avoir des éléments sur les personnes concernées", explique-t-elle, tentant de calmer les esprits avant d'avoir des informations plus détaillées. "Il faut d’abord essayer de rechercher plus finement de qui il peut s’agir, il ne faut pas faire de jugement définitif (...) On ne peut pas être dans l’outrance et dans la caricature sur ces sujets," a-t-elle souligné. 

Le cas particulier des Français enrôlés de force

Selon la secrétaire d'Etat, la pension versée par les Länder (les Etats allemands) serait plus vraisemblablement une "allocation pour assistance aux victimes de guerre civile ou militaire" qu'une récompense pour collaboration. "Qui sont ces personnes, quels sont les critères de versement… De toute évidence, ce serait des personnes qui auraient subi des blessures après avoir servi dans la Wehrmacht, possiblement", a-t-elle avancé, avant de préciser que cela pouvait être des anciens soldats, mais aussi des veuves, par exemple. 

Geneviève Darrieussecq a notamment rappelé que "nous avons en Alsace et en Moselle le cas des 'malgré-nous', qui ont été engagés de force dans l’armée allemande. Peut-être qu’eux aussi pouvaient prétendre à cette allocation". Interrogée sur ces cas particuliers, elle a rappelé que les Alsaciens et Mosellans ont été 135.000 à être incorporés de force. "Des milliers d’entre eux ont été blessés ou sont devenus invalides. Beaucoup ont subi des dommages importants contre leur gré", a-t-elle détaillé.

Les pensions questionnées à l'Assemblée Nationale

Samedi 23 février, Jean-Luc Mélenchon, député La France Insoumise, s'est emparé de la polémique en réclamant l’interdiction du versement de ces allocations. S'exprimant sur Twitter, il a jugé qu’il s’agissait d’une compensation pour "services rendus à l’occupant nazi". 

Geneviève Darrieussecq ne s’est pas prononcée sur une interdiction de ces versements. Elle a cependant assuré qu'une fois les informations acquises, "les choses seront faites en toute transparence avec les parlementaires qui le souhaitent".

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