La France est-elle le seul pays démocratique à autoriser les tirs de LBD ?

Le LBD, une arme hautement controversée.
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À LA LOUPE – Très critiqués, les lanceurs de balles de défense (LBD) sont interdits dans certains pays. Sur le plateau de C dans l'air, l'un des invités a d'ailleurs glissé que la France était l'unique pays démocratique à en autoriser l'usage. Est-ce le cas ?

Après Edouard Philippe, c'est le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner qui s'est exprimé suite au croche-pied d'un policier sur une manifestante. Lors de ses vœux à la police nationale il en a appelé à l'exemplarité et à "l'éthique" des forces de l'ordre. Dans un contexte social toujours très tendu, les invités de "C dans l'air" se sont interrogés lundi sur le recours à la force, évoquant au passage l'usage des controversés lanceurs de balles de défense, les LBD.

"Le LBD n’est autorisé dans aucun pays démocratique au monde, nous sommes le seul", a avancé le politologue Roland Cayrol. Une déclaration qui fait écho à celle de la députée de La France insoumise Clémentine Autain en mars dernier. "dans les autres pays, on n'utilise pas des balles LBD", lançait-elle sur France 2. 

La France n'est pas un cas totalement isolé

Pour vérifier ces affirmations, pas besoin de réaliser un tour du monde. Un petit tour du côté de nos voisins européens permet d'observer que le LBD, s'il n'est pas utilisé de manière très fréquente par les forces de l'ordre, n'est pas une spécificité française. Les policiers en sont par exemple équipés au Portugal, et s'en sert notamment dans un contexte de manifestations.

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L'Espagne a aussi recours à cette arme, à l'exception de deux régions, la Catalogne et le Pays basque. Ces dernières, rappelait l'AFP, avaient interdit les LBD suite à deux incidents survenus en 2012. La majorité de policiers allemands quant à eux n'en utilisent pas. Seuls deux "Länder" les autorisent lors d'opérations de maintien de l'ordre. 

Dans certains pays, la législation pourrait permettre une utilisation des LBD, mais les autorités n'en équipent pas les forces de l'ordre. Une situation que l'on constate en Croatie ou en Serbie.

Des arguments pour plaider l'interdiction

Beaucoup de pays se passent des LBD, comme en Scandinavie où les polices n'en sont pas équipées. Même constat en Irlande, en Autriche ou du côté du Kosovo. De l'autre côté de la Manche, au Royaume-Uni, l'usage de ces lanceurs reste rarissime, tout comme en Belgique où seules quelques polices peuvent en disposer, avec un cadre d'utilisation particulièrement strict. 

Des voix se sont régulièrement élevées dans l'Hexagone pour réclamer l'interdiction de cette arme, présentée comme non létale. Le Défenseur des droits, en décembre 2017, s'interrogeait ainsi sur la "pertinence de son utilisation dans l’exercice du maintien de l’ordre" et recommandait après un examen détaillé des risques occasionnés par l'usage des LBD de les "retirer […] de la dotation des forces chargées de l'ordre public".

Le Conseil d'État, en février 2019, s'est quant à lui prononcé contre une interdiction. L'emploi d'un LBD, selon lui, n'est pas "de nature à caractériser une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté de manifester et au droit de ne pas être soumis à des traitements inhumains ou dégradants". Il faisait suite alors à un recours déposé conjointement par la CGT et la Ligue des droits de l’homme.

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LBD : quid des directives ?

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