Masques chirurgicaux jetés dans la nature : combien de temps mettent-ils à se décomposer ?

De plus en plus se masques sont retrouvés dans les rues ou dans la nature.
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À LA LOUPE – De plus en plus utilisés, les masques sont aussi plus nombreux à être jetés dans la nature ou dans les rues. Ces déchets d'un nouveau genre mettent-ils 450 ans à se décomposer, comme l'indiquent des internautes ? LCI a posé la question à un spécialiste.

Utilisés en masse, les masques chirurgicaux à usage unique sont donc sans surprise également jetés en grand nombre. À la poubelle ? Pas toujours, comme le font remarquer des citoyens furieux sur les réseaux sociaux, déplorant un manque de civisme face aux nombreux masques laissés sur le sol ou dans la nature. 

"Coucou les porcs, il faut 450 ans à un masque chirurgical pour se décomposer dans la nature, sachez-le", a taclé un internaute, déplorant ces pollutions d'un nouveau genre. Un coup de gueule semble-t-il largement partagé, puisque cette publication a été relayée plusieurs dizaines de milliers de fois depuis quelques jours.

Plusieurs années au minimum

Reprise par différents médias, la durée de 450 ans nécessaire à la décomposition des masques chirurgicaux semble particulièrement élevée. Océanographe au sein de l'Ifremer, François Galgani estime d'ailleurs que cette estimation est exagérée. "Je doute que cela mette plus de quelques années", note auprès de LCI ce spécialiste, habitué à observer les formes de pollution en milieu marin.

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Les masques deviennent des déchets que l'on ne recycle pas (encore)

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Basé en Corse, le spécialiste se souvient que dans les années 1990-2000, "des serviettes hygiéniques de la même matière que les masques [le polypropylène, NDLR] étaient récupérés en masse lors des chalutages". Depuis, leur composition a changé et l'on ne retrouve plus ces déchets en mer. "Cela prouve que la décomposition ne met pas des centaines d'années, car nous continuerions à en récupérer", analyse François Galgani.

"Il faut préciser que personne ne dispose de données précises", souligne-t-il, "car il n'y a pas de tests réalisés sur ces masques". La comparaison peut toutefois être réalisée avec d'autres plastiques, qui "mettent plusieurs années pour se décomposer". Ces masques, selon François Galgani, vont "se dégrader en fibres", pas forcément visibles au fil du temps mais qui constitueront malgré tout une pollution non négligeable, aux côtés des bouteilles, emballages et autres objets jetés dans l'environnement. En fonction de l'endroit où se trouve le déchet, la durée nécessaire  à la dégradation va varier : une exposition au soleil va notamment l'accélérer, tandis qu'elle est plus lente dans la pénombre des fonds marins.

Le manque de civisme de certaines personnes ne manque en tout cas pas de l'alerter : "On a déjà pu observer des masques dans l'eau de ports italiens", indique le spécialiste, ce qui montre que ces déchets n'ont pas tardé à se retrouver dans les mers et océans. "En fonction de l'endroit où il est jeté", un masque peut se retrouver "en seulement quelques heures dans le milieu marin." 

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