Polynésie : comment expliquer la hausse soudaine des cas de coronavirus ?

Le Centre hospitalier du Taaone, à Papeete, en 2014.

CRISE SANITAIRE – Jusqu’ici relativement épargnée par l’épidémie, la Polynésie française constate ces derniers jours une hausse soudaine des cas de Covid-19 sur son territoire. Le virus y aurait été introduit via des touristes et des fonctionnaires. Explications.

Quarante-trois cas depuis samedi, contre seulement soixante en cinq mois. La Polynésie française, jusqu’ici plutôt épargnée par la pandémie de coronavirus malgré un premier cas détecté dès le 10 mars, a connu en trois jours une hausse soudaine, a indiqué lundi (mardi matin à Paris) la présidence de la collectivité. Dans ce territoire d’outre-mer, aucun décès lié à ce virus n’a été déploré. Mais ce lundi, une longue file d’attente s’étirait à Papeete, la capitale, devant l’Institut Louis Malardé, qui réalise les tests et les analyses.

Dès l’annonce des premiers cas en mars, la Polynésie avait pris des mesures rapides de protection : un confinement et la fermeture des lignes aériennes pendant plusieurs mois, ainsi qu’un couvre-feu en vigueur durant plusieurs semaines. Mais l’économie locale étant dépendante du tourisme, le gouvernement a choisi de rouvrir ses lignes aux marchés européens et américains dès la mi-juillet, sans imposer de quarantaine. Tous les passagers doivent cependant présenter un test négatif avant d’embarquer, et réaliser un auto-prélèvement quatre jours après leur arrivée.

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Des cas importés

Mais cela n’a pas suffi : le virus a été réintroduit par des touristes, mais aussi par des fonctionnaires. En effet, chaque année, une partie des enseignants et des gendarmes sont remplacés par de nouveaux arrivants. Un turn-over propice à la circulation du virus, qui s’est ensuite propagé dans la population. "La majorité des cas sont regroupés dans des ‘clusters' où les contaminations se sont faites au sein de lieux publics fermés et sans respect des gestes barrières", précise la direction de la santé de la Polynésie française.

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Selon l’AFP, il s’agirait notamment de restaurants, où ont été organisées des soirées festives. Plusieurs cas auraient aussi été détectés parmi le personnel soignant du centre hospitalier de la Polynésie française. Tahiti, l’île la plus habitée, est la plus touchée, mais on recense aussi des cas à Bora Bora, Moorea et Rangiroa.

Des compétitions sportives suspendues

Selon la présidence, parmi les 50 cas détectés depuis le 15 juillet 2020, "10 ont été contaminés à l’étranger et 38 cas ont été contaminés localement". Pour les deux autres cas positifs, "aucun lien épidémiologique" n’a pu être détecté. "Tous les cas sont en isolement strict", précise la direction de la santé locale, qui indique également qu’"un patient avec facteur de risque de gravité a été hospitalisé."

La rentrée scolaire doit avoir lieu cette semaine en Polynésie, mais le gouvernement local n’a pas annoncé de restrictions des rassemblements pour le moment. Cependant, certaines fédérations sportives, comme le rugby, ont déjà suspendu leurs entraînements et leurs compétitions.

La communication jugée tardive sur ces cas positifs a provoqué la colère de certains habitants à l'égard des autorités sur les réseaux sociaux. Et pour cause : le président de la Polynésie française, Édouard Fritch était en déplacement à Rangiroa, un atoll des Tuamotu. Le haut-commissaire Dominique Sorain, plus haute autorité de l’État, est, lui, en vacances sur l’Aranui, un navire de croisière d’où a été débarqué un cas suspect.

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