Pompier blessé par balle à Étampes : "Une ligne rouge a été franchie"

Pompier blessé par balle à Étampes : "Une ligne rouge a été franchie"
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ECLAIRAGE - Le tir qui a blessé un pompier en service mardi en Essonne, suscite l'indignation au sein de la profession qui constate que "cette violence va en croissant", sans que les zones d'intervention, même celles connues pour être hostiles, ne soient sécurisées en amont.

"Les agressions de sapeurs pompiers, c'est une toutes les trois heures". Le tir qui a blessé un soldat du feu en service mardi en Essonne ravive l'inquiétude et la colère de la profession face à l'augmentation des attaques en intervention. "Cette agression pose de nombreuses questions dans la profession, on a vraiment l'impression qu'une ligne rouge a été franchie et que cette violence va en croissant", réagit ce jeudi sur LCI Jérôme François, secrétaire général de l'Unsa Sdis de France, en charge de la communication, évoquant "la balle qui a traversé le mollet" de son collègue dont les jours ne sont plus en danger.

"Des voyous qui tendent des traquenards"

Réagissant au nombre d'agressions visant sa profession recensées en 2019 et rappelé par Gérald Darmanin mercredi, à savoir "2.045", Jérôme François a précisé que celles-ci "sont multiples et qu'on ne peut pas résumer les agressions sous un seul type".

Et de détailler : "on va avoir les personnes qui souffrent d'un trouble mental en rupture de traitement et qui vont agresser les sapeurs pompiers ; on va avoir des gens alcoolisés qui vont se comporter un peu en consommateurs considérant que les pompiers ne sont pas intervenus assez vite ou que ce n'est pas comme ça qu'il faut faire pour en venir aux mains ; et puis la dernière catégorie qui est celle rencontrée à Étampes concerne des voyous qui vont tendre des traquenards aux forces de l'ordre".

"Une véritable politique de tolérance zéro"

Alors que des plaintes seront désormais déposées après chaque agression de pompiers, tel qu'annoncé par Gérald Darmanin ce mercredi, le porte parole de l'Unsa Sdis de France rappelle que "c'est ce que nous organisations syndicales nous demandions aux collègues: aller systématiquement porter plainte".

Prônant "une véritable politique de tolérance zéro", il préconise entre autres pour remédier à cette situation "plus de force de l'ordre sur le terrain pour nous protéger lorsque nous intervenons" voire "des plateaux uniques de réception des appels d'urgence où l'on va retrouver la police et les pompiers de façon à avoir une meilleure coordination sur le terrain."

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"La peur au ventre"

Sur ce point, le secrétaire de la CGT du Sdis 91, Yohan Martin, tient à contextualiser. "Aujourd'hui la problématique, c'est qu'on intervient et qu'on arrive bien souvent avant les forces de l'ordre parce qu'on est obligés d'intervenir même si l'on sait qu'il y a un danger tant que l'on n'a pas été confrontés au danger", explique-t-il. Et d'insister : "donc, pour respecter notre ordre de mission, même si l'on a de gros doutes sur un guet-apens, on va devoir aller voir sur place pour recevoir au minimum des cailloux."

Rappelant que "c'était tendu depuis un moment dans ce secteur d'intervention", il ajoute : "c'est le chat qui se mord la queue dans cette histoire , aujourd'hui on est en danger et les collèges y vont la peur au ventre quelque part, parce qu'il y a des endroits où ils savent qu'il peut leur arriver quelque chose sans que ça ne soit sécurisé en amont".

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