Poulets vivants ramassés à la "moissonneuse" : le volailler Duc épinglé par la dernière vidéo de L214

Population
BIEN ÊTRE ANIMAL - L'association de protection animale qui s'est fait une spécialité de la révélation d'images choc dévoile mercredi les conditions d’élevage intensif de poulets d'une entreprise française s'engageant pourtant sur son site à "veiller au respect des animaux". On découvre notamment des volatiles avalés par un tapis roulant avant d’être entassés dans des cagettes de transport.

Encore un élevage de volailles pointé par une vidéo de L214. Après son enquête sur les conditions d'élevage de poules pondeuses dans la Manche il y an un an, de poulets de Maître Coq un mois plus tard, ou encore sur le "cauchemar" des cailles pondeuses en mars dernier, et tout récemment sur la "vie de misère" des poulets d'Auvergne, l'association de protection des animaux qui s'est fait une spécialité de la révélation d'images choc met en cause le volailler Duc.


Sur les images, tournées dans deux élevages du groupe, l'un dans l'Yonne, l'autre situé dans l'Aube, et publiées sur Youtube comme à l'accoutumée, on découvre notamment des volatiles, vivants, avalés par un tapis roulant, "sorte de moissonneuse à poulets" pour l'association, avant d’être entassés dans des cagettes de transport. Et alors que d'autres séquences s'attardent sur la situation de poulets agonisants, mutilés, ou en décomposition, L214 n'omet pas de souligner en préambule de son enquête que l'entreprise française ciblée s'engage pourtant sur son site à "veiller au respect des animaux".


"Le bien-être animal passe avant tout par un bon état de santé", assure la marque sur son site. "Les poulets Duc bénéficient de règles d’élevage adaptées. Les éleveurs Duc y portent la plus grande attention en les surveillant autant que nécessaire. Toutes les interventions réalisées au contact des animaux s’effectuent avec l’objectif d’éviter les stress inutiles."

"Les éleveurs sont fatigués"

Pour ce qui concerne l'élevage de l'Yonne, 80.000 volailles vivent dans quatre bâtiments sans fenêtre pour une densité de 18 poulets par mètre carré, selon l'association L214. S'agissant de l'Aube, ce seraient 40.000 poulets, élevés 43 jours dans deux bâtiments (16 poulets par mètre carré). "Les poulets, sélectionnés génétiquement pour grossir rapidement, peinent à se déplacer. Certains sont si gros qu’ils ne peuvent plus se retourner quand ils sont sur le dos. [...] D’autres ne peuvent plus se soulever pour atteindre les abreuvoirs et meurent de soif. Les poulets vivent sur la même litière tout au long de leur courte vie", dénonce L214.


Contactée par Paris Match, l'entreprise Duc n'a pas souhaité réagir, renvoyant vers l’Interprofession ANVOL qui regroupe les acteurs de la filière volaille. "Les images sont choquantes et nous les condamnons (...) Il s’agit cependant d’une énième vidéo diffusée par une association dont l’unique objectif est d’en finir avec la production de viande. Les éleveurs sont fatigués, ils n’en peuvent plus des intrusions. Ils se sentent accuser de choses qu’ils ne font pas au quotidien. Les animaux sont leur adrénaline mais comme dans n’importe quel métier, un problème peut arriver et c’est pile ce moment-là que les associations choisissent de mettre en exergue", a entre autres expliqué Anne Richard, directrice d’ANVOL.

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter