Pourquoi certaines fontaines historiques de Paris sont-elles à l'arrêt ?

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À LA LOUPE - Pourquoi aucune eau ne jaillit de certaines fontaines de Paris depuis des lustres ? Qui est chargé de leur entretien ? La rédaction s'est penchée sur le cas des 250 fontaines historiques de la capitale, les fontaines dites "ornementales".

Plusieurs fontaines à sec, c’est ce que l’on peut remarquer dans les rues de Paris. Si le phénomène se constate toute l’année, il devient plus concernant en période estivale, où le besoin de se rafraîchir est dans toutes les têtes. Alors, pourquoi certaines fontaines restent-elles hors d’usage, même pendant la canicule ? 


Paris héberge 1200 fontaines (voir carte ci-dessous), dont des points d’eau potable, selon Eau de Paris, l’entreprise municipale chargée de la gestion de l’eau. Sur ce millier de fontaines, ce sont les 250 fontaines historiques de la capitale qui nous intéressent, les fontaines ornementales d'où jaillit de l'eau par différents endroits. Ce qui exclut les fontaines potables "à boire", les fameuses fontaines vertes Wallace.

Tuyauteries et rénovations "esthétiques"

Or, ces 250 fontaines ne sont pas toutes gérées par les mêmes entités. Et la question de leur exploitation a son importance, car c’est l’exploitant qui gère leur entretien et décide de leur mise à l’arrêt. 164 de ces fontaines se situent dans des jardins parisiens et sont exploitées par le service Espaces verts. C’est le cas de la fontaine du jardin du Luxembourg (gérée par le Sénat) ou de celle du jardin des Tuileries (gérée par le musée du Louvre, rattaché au ministère de la Culture). Les 97 fontaines restantes se trouvent sur la voie publique et sont gérées par le service Patrimoine de la Ville de Paris. 


Alors, pourquoi beaucoup ne fonctionnent pas ? Plus précisément, sur les 97 fontaines se trouvant dans l'espace public, 60 fonctionnent et 37 sont à l'arrêt technique pour des travaux, selon les chiffres communiqués par la Ville de Paris. Il s’agit pour la plupart d’anciennes fontaines en pierre, qui nécessitent régulièrement des travaux de restauration ou de réparation, comme l’explique la Ville : "Parfois, l’arrêt de mise en eau dure quelques semaines, le temps de réparer les tuyauteries, et parfois davantage, lorsqu’il faut faire de plus grosses rénovations esthétiques." Du côté du service Eau de Paris, la réponse est laconique : certaines fontaines sont ponctuellement hors-service pour des raisons de maintenance ou de travaux. Ceci étant, la situation des fontaines parisiennes n’est pas nouvelle. En 2010, Le Parisien déplorait déjà leur état et constatait l’arrêt depuis des années du bassin des Ambassadeurs, dans le jardin des Champs-Elysées. 

Or, comme le démontre La Tribune de l’Art, qui s’est employée en 2017 à vérifier l’état de chacune des fontaines monumentales gérée par la Ville, des bassins plus récents peuvent également se trouver au chômage technique, comme certaines fontaines construites dans les années 1980 et 1990. La vétusté ne serait alors pas le seul critère de rénovation des bassins.


La mise en route de ces fontaines ne tient donc pas compte de la saison, ni des besoins des riverains, et répondrait plutôt à des contingences opérationnelles. S’agissant de la chaleur estivale, la Ville de Paris déclare avoir mis en place un dispositif renforcé d’accès à l’eau, conjointement avec Eau de Paris. Pour autant, elle interdit la baignade dans ces bassins pour des raisons sécuritaires (risques de chutes et de glissades) et sanitaires (risques d'hydrocution). La capitale n’est pas la seule à avoir pris un arrêté municipal à ce sujet, les villes de Bordeaux, Toulouse ou Troyes ayant opté pour la même réglementation. 

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