Magasins Fnac-Darty ouverts : face à la polémique, le groupe annonce la fermeture de ses rayons culture

Le rayon librairie d'un magasin Fnac.

PARADOXE - Alors que les librairies sont contraintes de garder portes closes lors du confinement, l'ouverture des magasins Fnac-Darty a suscité la polémique. S'il estime être dans son bon droit, le groupe a finalement annoncé la fermeture de "l'ensemble des rayons culture" pour 15 jours.

Depuis l'annonce du reconfinement par Emmanuel Macron, mercredi 28 octobre, les libraires se mobilisent pour obtenir l'autorisation de rester ouverts, à l'image des commerces de première nécessité. Pour l'instant en vain. C'est dans ce contexte que, de façon assez surprenante, les magasins Fnac-Darty ont décidé de maintenir leurs magasins ouverts, s'appuyant sur la dérogation accordée à certains commerces pour subvenir aux besoins des salariés en télétravail. Fermés pendant le premier confinement, ces magasins sont donc accessibles normalement, pour tous les types d'achats, dans le respect des règles sanitaires mises en place depuis leur réouverture en mai. Mais face à la polémique, le groupe a annoncé en fin de journée ce vendredi la fermeture de "l'ensemble des rayons culture" pour quinze jours.

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Pas de "passe-droit" pour Fnac-Darty

Joint par LCI, le groupe précise qu'il n'a "absolument pas eu de dérogation, ni de passe-droit" de la part du gouvernement pour garder ses magasins ouverts. "Nous nous appuyons exactement sur le décret publié ce matin au Journal Officiel", fait-il savoir. L'article 37 de ce décret autorise en effet l'accueil du public dans le cadre du "commerce de détail d’équipements de l’information et de la communication", du "commerce de détail d’ordinateurs, d’unités périphériques et de logiciels", ainsi que du "commerce de détail de matériels de télécommunication".

Fnac-Darty s'appuie également, pour l'ouverture de ses magasins, sur l'autorisation d'accueillir du public pour le "commerce de détail de journaux et papeterie", ainsi que pour la "réparation d’ordinateurs", "de biens personnels et domestiques", "d’équipements de communication" et "d’équipements périphériques" prévue par le décret. Notre interlocuteur nous précise par ailleurs que son activité de réparation à domicile, déjà opérationnelle lors du premier confinement, est maintenue.

Ouvrir nos magasins, c'est à la fois un soutien d'activité pour le groupe, pour nos collaborateurs et pour les clients qui veulent s'équiper.- Fnac-Darty

Le groupe tient par ailleurs à souligner que lors du premier confinement, la fermeture de ses 718 magasins et la mise en chômage partielle de 80% de ses effectifs leur a "coûté 400 millions d'euros". "Ouvrir nos magasins, c'est à la fois un soutien d'activité pour le groupe, pour nos collaborateurs et pour les clients qui veulent s'équiper", affirme Fnac-Darty. Selon notre interlocuteur, "une forte demande en matière de multimédias et d'informatique" a été observée ces derniers jours.

Une décision prise "dans un souci de responsabilité"- Enrique Martinez, directeur général du groupe Fnac-Darty

Le groupe, qui ne souhaitait pas, ce vendredi matin, s'exprimer sur le sentiment d'injustice vis-à-vis des libraires que provoque le maintien de leurs rayons de librairies, a finalement annoncé en fin de journée qu'il allait fermer "l'ensemble des rayons culture" pour quinze jours "face au constat de l'impossibilité d'une ouverture de l'ensemble des acteurs de la vente de livres". Cette fermeture, qui entrera en vigueur à compter de samedi matin, a été décidée après une réunion à Bercy entre Bruno Le Maire, Roselyne Bachelot et les différents acteurs du dossier "dans un souci de responsabilité", selon les termes de son directeur général Enrique Martinez dans un communiqué.

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Vers une ouverture prochaine des librairies ?

S'exprimant à ce sujet ce vendredi matin, le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, avait souligné qu'il avait proposé pendant le premier confinement que les librairies restent ouvertes mais que, lors du premier confinement, "ce sont les libraires qui (lui) avaient dit que ce n'était pas possible". "Dès que ce sera possible, et je souhaite que ce soit le plus tôt possible, nous verrons s'il est possible d'adapter le dispositif", avait-il ajouté.

Le ministre a donné rendez-vous dans deux semaines pour un nouveau point de situation, en vue d'éventuelles réouvertures d'enseignes. "Dans quinze jours, nous regarderons où nous en sommes pour tous les commerces, pas uniquement les libraires", a-t-il insisté. Le critique littéraire et présentateur de l'émission littéraire de France 5 La grande librairie François Busnel a quant à lui annoncé ce vendredi sur France info qu'il allait lancer une pétition en ligne pour réclamer la réouverture des librairies.

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