Précarité des étudiants : les syndicats reçus jeudi par Gabriel Attal

Mobilisation étudiante contre la précarité : l'université Lyon 2 évacuée
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ÉDUCATION - Le secrétaire d'État reçoit ce jeudi les organisations étudiantes, six jours après l'immolation d'un étudiant lyonnais. Un geste que le jeune homme a justifié par les difficultés rencontrées au cours de sa scolarité et qui a suscité une vague d'émotion.

Une initiative à la demande du Premier ministre. Le secrétaire d'Etat chargé de la Jeunesse Gabriel Attal reçoit jeudi 14 novembre les organisations étudiantes pour vouloir "faire un point d'étape" sur l'accompagnement social des étudiants et les chantiers en cours, comme le projet de revenu universel d'activité. Une annonce faisant suite aux "violences" survenues après l'immolation vendredi 8 novembre d'un étudiant à Lyon devant un restaurant universitaire. 

Avant son geste, le jeune homme, qui se trouve toujours entre la vie et la mort, avait laissé un message interpellant les pouvoirs publics sur la précarité étudiante. Depuis, les témoignages d'étudiants et d'étudiantes se multiplient : logements insalubres, boulots pour financer les études, aides jugées insuffisantes... Plusieurs rassemblements ont depuis eu lieu dont certains qui se sont soldés par des incidents dans plusieurs villes. 

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Livres déchirés et grille forcée

L'université Lyon 2, celle où étudiait le jeune homme qui s'est immolé par le feu, a été de nouveau fermée mercredi après des blocages menés par des étudiants. En début de soirée, les forces de l'ordre sont intervenues sur le campus à la demande de la présidente de l'université. Les étudiants présents ont quitté les lieux à l'arrivée des policiers, selon une source proche du dossier, en précisant qu'il n'avait été procédé à aucune interpellation. Une assemblée générale est prévue ce jeudi 14 novembre sur le campus de Lyon 2 à Bron, commune limitrophe de Lyon, pour décider de la suite du mouvement.

Des cours ont également été perturbés sur des campus de Paris et Lille, où 300 à 400 personnes ont pénétré mardi 12 novembre dans la faculté de droit et empêché François Hollande de tenir une conférence. Certains ont déchiré les pages de son dernier livre intitulé "Répondre à la crise démocratique".

Le même jour, une grille d'entrée du ministère de l'Enseignement supérieur a été arrachée par des manifestants qui ont ensuite réussi à pénétrer dans la cour du ministère avant de repartir. "Rien ne peut justifier (ces) violences", s'est émue la porte-parole du gouvernement, Sibeth Ndiaye, à l'issue du Conseil des ministres mercredi 13 novembre. "Il faut se refuser à toute instrumentalisation politique", a fait valoir Mme Ndiaye, en assurant que l'exécutif avait "pris toute la mesure de ce drame". 

Le président Emmanuel Macron a déploré un geste "tragique" et a demandé au gouvernement "la plus grande vigilance", a ajouté la porte-parole. La ministre de l'Enseignement supérieur Frédérique Vidal, en déplacement en Antarctique, et son homologue de la Culture Franck Riester avaient déjà dénoncé mardi une "violence (qui) n'a pas sa place à l'université". 

La classe politique dénonce des "violences" tout en déplorant la précarité des étudiants

Le vice-président délégué des Républicains, Guillaume Peltier, a appelé le gouvernement à "prendre des sanctions exemplaires contre des minorités infimes, politisées, qui organisent ces violences". "La précarité étudiante est une réalité" mais "la violence, c'est pas possible", a abondé le président (ex-LR) de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, tout en mettant en garde le gouvernement: "quand on donne le sentiment de passer à côté de la colère, ce sont les plus ultras, les plus durs, les plus violents, qui donnent le sentiment que c'est comme ça qu'on se fera entendre".

François Hollande avait, lui, regretté mardi que cette "émotion", qu'il a aussi jugée "légitime", "se soit transformée en violence de la part d'une centaine d'individus". Voyant dans les violences "une atteinte à nos valeurs communes", le premier secrétaire du PS Olivier Faure a déploré que le gouvernement ne débourse "rien de plus pour les conditions de vie des étudiants" et prévoie même "encore moins d'APL (aide au logement, ndlr) en janvier".

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