Précarité menstruelle : le gouvernement envisage de distribuer des protections hygiéniques gratuites dans les lieux collectifs

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RÈGLES - Pour la journée mondiale de l'hygiène menstruelle, ministres, associations et industriels se sont réunis autour de Marlène Schiappa pour étudier un projet d'expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques dans les "lieux collectifs". Le gouvernement a également rappelé la nécessité d'améliorer l'information aux consommatrices concernant la composition des tampons et serviettes.

Ce mardi 28 mai marquait la journée mondiale de l'hygiène menstruelle. L’événement, qui existe depuis 2014, a pour objectif de briser le tabou autour des règles et de faire en sorte que chaque femme ait accès à des protections hygiéniques. Un véritable défi auquel le gouvernement français s'attelle enfin. A l'occasion de cette journée, la secrétaire d'Etat chargée de l'Égalité femmes-hommes, Marlène Schiappa, a réuni plusieurs ministres, parlementaires, associations et industriels pour mettre en place une stratégie de lutte contre la "précarité menstruelle".

Des protections hygiéniques gratuites pour les femmes précaires

Lors de cette réunion, une "mission sur l'expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques" a été confiée à la sénatrice Patricia Schillinger (LREM). Elle devra étudier les objectifs et modalités de la mise en place d'un tel dispositif dans plusieurs "lieux collectifs". En décembre dernier, Mme Schillinger avait déjà présenté un amendement au projet de loi de finances 2019, pour une distribution gratuite de protections hygiéniques aux femmes en situation précaire, en milieu scolaire, dans les hôpitaux et prisons.

Le débat autour de la "précarité menstruelle" avait été particulièrement agité en 2015, lors des discussions sur le taux de TVA appliqué aux protections hygiéniques. Grâce à la mobilisation de collectifs féministes, il avait été ramené à 5,5%. Le gouvernement a défendu aujourd'hui que "l'évolution des prix montre que cette baisse de TVA a bien profité aux consommatrices", alors que des associations féministes ont régulièrement dénoncé des prix d'achat inchangés depuis.

Des responsables d'associations, entrepreneuses et industriels étaient donc présents aux côtés des secrétaires d'Etat Brune Poirson (Transition écologique), Christelle Dubos (Santé), Agnès Pannier-Runacher (Economie et Finances) pour discuter "d'une stratégie commune" visant à "lever le tabou des règles" dans la société. Parmi les sujets abordés : la nécessité de rendre plus accessible la composition des protections hygiéniques pour les consommatrices.

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Plus de transparence sur la composition des protections

En juillet 2018, un rapport de l'Anses avait conclu à la présence de substances chimiques "en très faible concentration" dans les protections intimes féminines. Des traces de pesticides avaient notamment été repérées dans les serviettes hygiéniques, mais ne présentant "pas de risque" pour les utilisatrices selon l'Anses. En février 2019, le magazine 60 millions de consommateurs avait pourtant de nouveau alerté sur la présence de substances chimiques indésirables dans les tampons et serviettes. Encore aujourd'hui, aucune obligation légale n'existe pour faire figurer la composition des produits sur les emballages.

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Le Group'hygiène, syndicat professionnel représentant les fabricants de protections féminines, a malgré cela tenu à rappeler dans un communiqué ses "engagements vis-à-vis des utilisatrices". Parmi eux, l'existence depuis 2016 d'un site internet présentant des informations sur la composition des protections, et leur apparition "progressive" sur les emballages de certains produits. Insuffisant pour l'agence de sécurité sanitaire, qui a recommandé aux fabricants "d'améliorer la qualité de ces produits afin d'éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques". 

Même avis pour les membres de la réunion de ce jour, qui soulignent que "les efforts doivent se poursuivre, en particulier sur les emballages et notices d'utilisation, et sur la sensibilisation au syndrome du choc toxique (SCT)". Dans son communiqué, le gouvernement ajoute qu'une enquête de la DGCCRF (direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) sur la sécurité et l'information des coupes menstruelles sera publiée à la fin de l'année.

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