Que se passe-t-il à Saint-Etienne ?

Que se passe-t-il à Saint-Etienne ?

EXPLICATIONS - Le taux d’incidence en Auvergne-Rhône-Alpes est le plus élevé de France, avec une explosion des cas dans la ville de Saint-Etienne. Avec un taux avoisinant les 800 pour 100.000 habitants, la ville enregistre même une incidence de 782 pour les plus de 90 ans et un taux de positivité des tests, qui dépasse les 20%. Comment expliquer cette hausse ? Tentative d’explications.

Si la communauté médicale a coutume de dire que la lutte contre le Covid s’apparente à un marathon, à Saint-Etienne, le départ de la course a déjà été donné il y a quelques semaines. Entre le 10 et le 16 octobre dernier, la région Auvergne-Rhône-Alpes a enregistré le taux d’incidence le plus élevé de France avec près de 800 cas pour 100.000 habitants. Soit deux fois plus qu'à Paris. 

Pour tenter d’endiguer la propagation du virus, un couvre-feu a été instauré dans les métropoles de Lyon, Grenoble et Saint-Etienne mais dans le chef lieu de la Loire, la situation est critique au point que l’ARS a demandé aux hôpitaux de cinq départements de déprogrammer les interventions non urgentes pour libérer de la place et les premiers transferts de malades ont d’ores et déjà eu lieu. 

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Covid-19 : la France touchée par une deuxième vague d'ampleur

Une accélération du virus difficile à expliquer

Pour l’heure, expliquer la raison pour laquelle une région est plus touchée qu’une autre est très difficile. "La réalité, c’est qu’on ne sait pas pourquoi un territoire est plus touché qu’un autre", indique l’ARS Auvergne Rhône Alpes, à LCI. "La situation que l’on constate est la conséquence des comportements de la population, il y a plusieurs semaines : temps d’incubation, transmission du virus, reproduction plus large", explique l'autorité sanitaire.

Comme dans de nombreuses régions en France, le virus a circulé chez les jeunes avant de toucher la population plus âgée. "On a vu une augmentation du nombre de clusters dans les établissements d’enseignement supérieur mais également au sein des Ehpad, au cours du mois de septembre et octobre. En cause notamment, les fêtes et sorties entre élèves, les visites des familles ou des proches avec probablement là aussi un manque de vigilance dans le respect des mesures recommandées, mais également les rassemblements familiaux", dit-on à l'Agence régionale de santé. Selon elle, expliquer pourquoi la progression du virus est si rapide est extrêmement compliqué : "il faudrait analyser presque individuellement tous les cas". 

Les mesures barrières, pas toujours scrupuleusement respectées

Ce que l'Agence régionale de santé constate toutefois, c'est que le virus "circule plus dans les zones à forte densité de population, des population précaires avec des familles nombreuses qui vivent parfois dans des logement exigus avec la difficulté de rester isolé". "Plusieurs directeurs d’établissement nous ont également rapporté aussi une réelle difficulté à faire appliquer les gestes barrières par les visiteurs en Ehpad ou dans les établissements de santé. La population de la Loire est un peu plus âgée que la moyenne régionale, avec un taux d’équipement en Ehpad plus élevé que la moyenne régionale, ce qui peut expliquer, en partie, les nombreux clusters enregistrés. Enfin, de nombreux clusters suivis par l’ARS sur la métropole de Saint Etienne ont concerné des rassemblements familiaux sans respects des mesures barrières", explique-t'on.

Début octobre, les images avaient choqué : 150 étudiants sans masque faisaient la fête dans un appartement et les parties communes d’un immeuble. Une situation que le procureur de la République, qui a ouvert une enquête pour "mise en danger de la vie d'autrui", avait même qualifié de "catastrophe sanitaire". Au moins seize cas de Covid-19 ont été identifiés suite à cette soirée et une école du commerce avait dû fermer. Lors du conseil métropolitain qui s'est tenu le 5 octobre dernier, la préfète de la Loire, Catherine Seguin, a évoqué une "dégradation de la situation" dans la région. A propos de cette soirée, elle avait évoqué une fête qui s'est déroulée "au mépris absolu des règles sanitaires". 

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Une situation critique dont les médecins et doyens de faculté de la région Auvergne Rhône-Alpes à l'appel du président de la commission médicale d'établissement des Hospices  civils de Lyon, le Pr Olivier Claris, ont souhaité faire part dans un texte commun : "La situation est grave. Il faut nous croire", ont-ils lancé. 

Selon nos informations, à l'occasion d'un point hebdomadaire le 22 octobre, Jean Castex va annoncer l'extension du couvre-feu à toute la Loire... comme pour une trentaine de départements. 

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