Qui est Maryam Pougetoux, vice-présidente de l'Unef qui s'est présentée voilée à l'Assemblée ?

Un voile polémique à l'Assemblée nationale
Population

PORTRAIT - Plusieurs députés ont quitté une commission parlementaire pour protester contre la présence d'une syndicaliste étudiante voilée. Vice présidente de l'Unef, Maryam Pougetoux n'en est pas à sa première polémique.

Elle a vu plusieurs députés quitter la commission d'enquête qui l'interrogeait, ce jeudi 17 septembre à l'Assemblée nationale. Des élus LR et une élue LaREM qui souhaitaient protester contre sa présence voilée au sein du Parlement. Ce n'est pas la première fois que Maryam Pougetoux, aujourd'hui vice-président du syndicat étudiant Unef, créé le débat autour du voile et de la laïcité dans le pays.

Lire aussi

Âgée de 21 ans, l'étudiante en lettres et métiers de l'édition à la Sorbonne a déjà été sur le devant de la scène en mai 2018, alors qu'elle était présidente de l’Unef à Paris IV-Sorbonne. Son apparition en tant que représentante syndicale dans un reportage de M6 lui avait valu une déferlante de critiques, notamment du ministre de l'Intérieur de l'époque, Gérard Collomb. Ce dernier avait estimé que le voile marquait sa "différence" avec la "société française". A Buzzfeed, dans la seule interview qu'elle ait donnée depuis, l'étudiante qui aspire à travailler dans une ONG répondait : "Mon voile n’a aucune fonction politique. C’est ma foi. Après oui, c’est visible, mais ce n’est pas pour autant du prosélytisme. Je dois presque me justifier de mon choix alors que je ne devrais pas". 

A Marlène Schiappa, alors secrétaire d'Etat chargée de l'égalité femmes-hommes qui considérait que son voile était l’expression d’un "islam politique", là encore Maryam Pougetoux avait opposé son désaccord. "Ce n’est absolument pas le cas. On lui donne une signification que moi-même je ne lui donne pas. (…) On me prête des intentions qui ne sont pas les miennes. A aucun moment je n’ai mis mon voile par volonté politique ou réactionnaire." Et au député LFI Adrien Quatennens qui jugeait incompatible port du voile et responsabilités syndicales, l'arrière-petite-fille de résistant assurait que ça "ne rentr(ait) absolument pas en contradiction (…) Je représente des étudiants, j’ai été élue, on a estimé que j’avais les capacités de mener mon travail syndical, je ne vois pas pourquoi cela devrait poser question".  

"J'ai mis le voile par choix"

Toujours dans cette interview, l'étudiante qui a rejoint le syndicat après avoir rencontré un adhérent "par hasard" dans un "couloir" se définit comme "une citoyenne française" qui porte son voile "par choix, par conviction religieuse, mais dans le respect de la loi, dans le respect d’autrui". Maryam Pougetoux refuse de voir le voile comme un symbole de soumission. "Je l’ai mis par choix. A partir de ce moment-là, je pense que la question ne se pose même plus. Je défends toutes les femmes, qu’elles veuillent le porter ou qu’elles ne veuillent pas le porter, qu’elles soient musulmanes ou non musulmanes. Il n’y a pas un seul féminisme."

En 2018, Charlie Hebdo avait consacré l'une de ses Unes à la jeune femme, et son portrait avait été publié dans le New York Times. Devenue vice-présidente du mouvement étudiant, Maryam Pougetoux prend régulièrement la parole pour défendre ses pairs. Elle a récemment participé à une conférence de presse en faveur du vote à 16 ans, au côté de députés du groupe Ecologie, Démocratie, Solidarité. Elle pense que "les jeunes n’attendent que ça, qu’on leur donne la parole. Ils descendent dans la rue, se mobilisent, mais sont écartés du débat."

Sur le même sujet

Lire et commenter

Alertes

Recevez les alertes infos pour les sujets qui vous intéressent