Qui fait partie de la classe moyenne en France ?

Population

Toute L'info sur

À la loupe

À LA LOUPE - La classe moyenne se sent appauvrie, affaiblie, plus taxée que les autres. Le débat revient régulièrement sur la table, mais concrètement, que signifie ce terme un peu flou ? Qui fait partie de la classe moyenne ? A La Loupe s'est penché sur la question.

Le débat revient régulièrement sur la table : la classe moyenne serait la première impactée par la crise, la destruction des emplois pèserait notamment plus fortement sur cette partie de la population et pourtant c'est elle qui paierait le plus lourd tribut fiscal. Ce mercredi matin encore, au micro de Jean-Jacques Bourdin sur BFM, le député LR du Loir-et-Cher estimait que "la France des classes moyennes n'en peut plus de payer pour les autres". Le gouvernement cherche aujourd'hui à cibler spécifiquement cette partie de la population pour lui redonner du pouvoir d'achat. 

Mais au fond de quoi parle-t-on ? Ou plutôt, qui est concerné par ce terme ? Quel est ce groupe social aux frontières floues ? 

En réalité, il n'existe pas de définition officielle de la classe moyenne. Si l'on se réfère à celle délivrée par le dictionnaire Larousse, il s'agit d'un groupe d'individus - une classe - qui se situe dans la zone intermédiaire d'une hiérarchie sociale. Le Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie (CREDOC) a cependant précisé cette zone intermédiaire pour baser ces études. Selon elle, il s'agit de la population française située entre les 30% les plus pauvres et les 20% les plus riches, soit un ensemble qui représente 50% de la population.

L'INSEE classe ainsi dans la classe moyenne toutes les personnes dont le revenu disponible - autrement dit l'ensemble des revenus, prestations sociales comprises -  est situé entre 1350 euros et 2487 euros par mois (chiffres portant sur l'année 2016). Une distinction est effectuée entre les classes moyennes dites inférieures, entre 1350 euros et 1906 euros par mois, et les classes moyennes supérieures, entre 1906 euros et 2487 euros par mois. Pour être plus précis, les statisticiens "découpent" la population en tranches de 10 % selon leur niveau de vie. Chaque décile représente donc 10% des Français (cf. tableau ci-dessous). La classe moyenne englobe les déciles 4, 5, 6, 7 et 8, ce qui correspond bien à 50% de la population.

Les personnes gagnant moins que 1350 euros ne rentrent pas forcément dans la classe pauvre selon ces mesures. Sont considérés comme "pauvres", les individus percevant un revenu (revenu net + prestations sociales) inférieur à 60% du revenu médian, soit 1026 euros net par mois. Ce seuil de 60 % est aujourd'hui la norme européenne, utilisée par l'institut Eurostat et en France par le CREDOC et l'INSEE.

Ces catégories de salaire ne valent cependant que pour des personnes célibataires. Comment faire alors pour comparer des ménages de taille et de composition différentes ? "On ne peut s'en tenir à la consommation par personne", indique l'INSEE. "Les besoins d'un ménage ne s'accroissent pas en stricte proportion de sa taille. Lorsque plusieurs personnes vivent ensemble, il n'est pas nécessaire de multiplier tous les biens de consommation (en particulier, les biens de consommation durables) par le nombre de personnes pour garder le même niveau de vie." Les statisticiens utilisent donc un coefficient pour pondérer le revenu du foyer, instauré par l'OCDE. On parle d'"unités de consommation" ou UC. Le premier adulte du ménage équivaut à 1 UC, les autres personnes de 14 ans et plus à 0,5 UC et les enfants de moins de 14 ans à 0,3 UC. 

Par exemple, si un ménage dispose d'un revenu de 4500 euros (salaires + prestations sociales) et qu'il comprend 2 adultes et deux enfants (soit 2,1 UC), son niveau de vie sera d'environ 2143 euros par mois (4500 divisé par 2,1), soit 25.716 euros par an. Le ménage appartient donc au 7éme décile et à la classe moyenne supérieure.

A l'inverse si ce ménage ne comprend que deux adultes, sans enfant (1,5 UC), son niveau de vie sera bien plus important : 3000 euros par mois (après pondération), soit 36.000 euros par an. Ce ménage appartient alors au 9ème décile et n'appartient plus à la classe moyenne mais à la classe aisée. Il fait partie des 20% des Français les plus aisés.

Pour des ménages percevant moins, par exemple, 2500 euros, une famille avec deux enfants (14.286 euros par an après pondération) appartiendra au 2eme décile et ne sera pas considérée comme classe moyenne mais comme classe populaire. Elle sera même à la frontière avec le seuil de pauvreté, à 150 euros près par mois. Un couple percevant ce même revenu, appartiendra au 5ème décile et sera considéré comme étant de la classe moyenne inférieure (20.000 euros par an après pondération).

Pour simplifier les choses, l'Observatoire des inégalités a établi un graphique représentant les différents cas de figure. Le seuil de pauvreté est ici établi à 50% du revenu médian et non 60% comme le veut la norme européenne. 

Vous souhaitez réagir à cet article, nous poser des questions ou nous soumettre une information qui ne vous paraît pas fiable ? N'hésitez pas à nous écrire à l'adresse alaloupe@tf1.fr

Sur le même sujet

Et aussi

Lire et commenter