Qui sont les Français les plus riches ?

Qui sont les Français les plus riches ?
Population

FORTUNES - L'Observatoire des inégalités vient de publier une vaste étude sur les riches en France. A partir de quel revenu est-on considéré comme riche ? Et comment évoluent les écarts avec les ménages les plus pauvres ? Eléments de réponse.

L'Observatoire des inégalités vient de faire connaître son tout nouveau rapport 'Les riches en France'. Les universitaires qui composent cette Observatoire national, basé à Tours, se sont attelé à décortiquer ce qu'ils désignent comme "les riches". 

Ainsi on apprend entres autres que la France compte plus d'un million de millionnaires ou encore que les grandes fortunes françaises sont les plus riches d'Europe juste derrière les Suisses. Mais comment définir une personne "riche" ? 

3.470 euros par mois après impôts

L'Observatoire des inégalités a choisi son propre seuil de richesse et retient le montant de 3.470 euros mensuel après impôt pour une personne seule pour définir une personne "riche". Pourquoi ce chiffre ? Il s'agit du double du niveau de vie médian. Cela représente 8,2% de la population. Pour un couple avec deux enfants, ce seuil est de 7.287 euros. 

Mais pour l'Observatoire le montant de 3.470 euros "n'est qu'un seuil d'entrée dans le club des privilégiés." "Au-delà, les chiffres s’envolent. En moyenne, les personnes situées entre les 10% et le 1% les plus riches ont un niveau de vie équivalent à 5.000 euros par mois avant impôts. Le 1% le plus riche reçoit près de 15.000 euros en moyenne", précise le rapport. 

Un homme cadre de plus de 50 ans

Le croisement des statistiques compilées par l'Observatoire permet de réaliser "un portrait-robot des riches en revenus". Ainsi, on apprend que parmi les 10% des personnes au plus hauts revenus, 69% ont plus de 50 ans, que 82% sont propriétaires de leur logement et que la moitié exerce la profession de cadre-supérieur. 

Sans surprise, les personnes les plus aisées concentrent la détention du patrimoine, qu'il soit immobilier ou la détention de participations. Ainsi en France, 10% des plus riches disposent de 46% du patrimoine de l'ensemble des ménages. 

1/3 en Ile-de-France

Grâce à un redécoupage de différentes statistiques, l'Observatoire des inégalités a identifié les lieux où se concentrent les plus hauts revenus. Pour 1/3, ceux ci ont élu domicile en région parisienne. Et notamment à Paris. Dans les 6, 7e, 8e et 16e arrondissements de Paris, ainsi que dans la commune de Neuilly, 10% de ses habitants les plus riches gagnent plus de 100.000 euros par an après impôts, soit 8.300 euros par mois pour une personne seule. 

Dans ce classement territorial, les 19 premières places sont occupées par des communes d'Ile-de-France ou par des arrondissements de Paris. La 20ème place revient au 6e arrondissement de Lyon. On peut donc parler d'une hyper-concentration des grandes fortunes dans un secteur géographique. 

Des inégalités qui se creusent

L'évolution des inégalités est sans doute l'un des plus grands enseignements de ce rapport. "Quand on observe l'évolution des niveaux de vie de catégories aisées, quel que soit l'indicateur que l'on prend, ceux-ci ont très nettement augmenté au cours des vingt dernières années", explique l'étude. Ainsi, d'après l'Observatoire, les couches aisées se sont éloignées des classes moyennes. "En 1996, l’écart entre le niveau de vie médian de la population et le niveau de vie moyen des 10 % les plus riches était de 27.800 euros annuels. En 2017, il était de 36.300 euros. Au cours de cette période, les plus riches ont accru leur écart de près de 9.000 euros une fois déduite la hausse des prix". 

Le rapport s'appuie également sur le ratio de Palma, un indicateur qui rapporte la part des revenus perçue par les 10% les plus aisés et celle des 40% les plus pauvres. En 1997, le ratio de Palma était de 1, "cela signifie que les six millions de personnes les plus aisées recevaient autant que les 24 millions les plus pauvres". Mais en 2017, le ratio de Palma atteint 1,06. En 10 ans, les 10% les plus fortunés détiennent encore davantage. 

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Pas seulement une question d'argent

Etre riche n'est pas seulement une question d'accumulation de biens matériels. "L’argent contribue beaucoup au bonheur dans la mesure où il permet d’accéder à des conditions de vie très favorables. Il n’en demeure pas moins qu’être riche englobe d’autres dimensions : maîtriser son temps (de travail ou de loisir), disposer d’un travail avec des marges d’autonomie, sans trop de risques d’en être dépourvu demain, avoir un niveau de diplôme élevé, un réseau familial ou d’amis, etc." Une qualité de vie, qui d'après les auteurs du rapport, constitue également une forme de "pouvoir". 

Enfin, le rapport remarque un phénomène du retour à la concentration de la richesse dans les mains de quelques-uns. "Le contraste est très fort par rapport aux années 1970 et 1980 où les inégalités de revenus avaient tendance à se réduire, donnant l’impression d’une homogénéisation de la société. Le phénomène est d’autant plus criant que le niveau de vie médian de la population stagne depuis une dizaine d’années. Après les classes populaires (au début des années 2000), c’est au tour des couches moyennes d’entrer dans l’ère du marasme", conclut l'Observatoire. 

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