Confinement : les autorités contraintes d'adapter l'offre de transports au jour le jour

Voyageurs en gare de Montparnasse, à Paris, le 12 mai 2020.

DÉPLACEMENTS - Jean Castex avait déclaré le 29 octobre que le niveau de service serait maintenu dans les transports en commun durant le confinement. Quelques jours plus tard, la SNCF a toutefois réduit son offre régionale face à baisse de la fréquentation. En région parisienne, les autorités se donnent encore du temps.

Avec moins de voyageurs quotidiens, les transports en commun doivent-ils s'adapter et réduire leur fréquence ? La question reste posée après une semaine de reconfinement sur l'ensemble du territoire national. Si la situation était relativement claire lors du premier confinement, au printemps dernier, avec l'interruption massive de l'activité économique, elle semble beaucoup plus difficile à appréhender cette fois, du fait notamment du maintien d'une partie des déplacements vers le travail et les écoles, collèges et lycées. 

Le 29 octobre, Jean Castex avait indiqué que ce "confinement adapté" s'accompagnerait du maintien de l'offre habituelle. "Les services de transport en commun resteront ouverts et leur niveau de service maintenu", avait assuré le Premier ministre. 

Sur LCI, le même jour, le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari avait toutefois fait preuve de prudence, affirmant que la situation serait observée "très précisément lundi et mardi pour voir réellement la fréquentation", avec en perspective une "clause de revoyure" cette semaine avec les opérateurs "pour regarder comment on ajuste". De fait, l'offre a très rapidement été réduite cette semaine. 

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Situation complexe

Si la baisse de la fréquentation avait été brutale au printemps dernier, les premiers bilans des mesures instaurées le 30 octobre laissent apparaître une situation beaucoup plus complexe. L'effondrement du trafic est évident sur les grandes lignes, où la SNCF, constatant une réduction du taux d'occupation de 50% à 15% en moyenne depuis le début de la semaine, a décidé de réduire de 70% l'offre de TGV en conséquence. A partir de samedi et jusqu'au 12 décembre, Thalys va également réduire son offre à deux allers-retours quotidiens entre Bruxelles et Paris. 

En revanche, les lignes régionales et locales offrent des situations plus contrastées, selon les axes mais également les horaires. Si les Intercités ont été fortement réduits, les autorités ont décidé de se donner du temps pour évaluer la situation locale s'agissant des lignes de TER et en région parisienne. Dans les Hauts-de-France, la fréquentation des trains régionaux a d'ores et déjà chuté de moitié, et la SNCF a décidé d'y réduire le trafic de 30%. En Bourgogne, l'offre a été réduite de 20%. 

En région parisienne, l'offre maintenue jusqu'à nouvel ordre

En région parisienne, les derniers chiffres communiqués mardi faisaient état d'un taux de fréquentation de 50% aux heures de pointe, de 30% aux heures creuses et de 15 à 20% en soirée. Des chiffres qui restent  relativement élevés en période de confinement, en comparaison des statistiques observées au printemps. Si l'offre est d'ores et déjà réduite après 21 heures - une mesure décidée dans le cadre du couvre-feu qui a précédé le reconfinement, l'autorité organisatrice, Ile-de-France Mobilités (IDFM), s'est refusée jusqu'ici à réduire l'offre en journée. "Il faut voir comment les choses évoluent. Pour l'instant on observe", a résumé la présidente LR du conseil régional, Valérie Pécresse. Celle-ci a toutefois prévenu que si aucun changement n'était prévu sur les heures de pointe, la question d'une réduction de l'offre "pourrait se poser sur certaines heures creuses, et sur certaines lignes"

Les associations d'usagers des transports, consultées au sujet de l'évolution de l'offre durant le confinement, ont déjà fait savoir qu'elles souhaitaient le maintien de l'amplitude normale. La Fnaut-IDF, l'une des principales fédérations d'usagers, a toutefois indiqué qu'une desserte allégée sur le modèle de la période estivale pourrait être envisagée en journée ainsi que le week-end.

"Nous allons regarder la situation toutes les semaines, avec éventuellement des adaptations locales", a indiqué jeudi à LCI un porte-parole d'IDFM. "On se laisse le temps. Pour l'heure, il n'y a pas de raison de réduire fortement l'offre. Ce n'est pas une demande de Valérie Pécresse, ni des associations." En Ile-de-France, outre les nombreux actifs contraints de se déplacer sur leur lieu de travail, près d'un million d'élèves continuent de se rendre dans leur établissement scolaire, dont une bonne part emprunte les transports en commun.

En outre, la décision de réduire ou d'augmenter l'offre de transports ne peut pas s'improviser, relève-t-on chez IDFM. "On ne peut pas tout changer du jour au lendemain. Il faut au moins deux ou trois jours pour pouvoir s'adapter", nous indique-t-on. 

D'autant que les opérateurs doivent faire face, en parallèle, à des situations également complexes à anticiper. Comme en mars dernier, des cas de contaminations parmi les agents de la SNCF provoquent des arrêts de travail qui ont un impact direct sur l'offre. A la gare Saint-Lazare, des cas de Covid détectés au sein d'un poste d'aiguillage génèrent des perturbations sur deux lignes, J et L, desservant l'ouest de la capitale, au moins jusqu'à vendredi. 

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