Reconfinement : près de 4 Français sur dix n'en dorment plus

Reconfinement : près de 4 Français sur dix n'en dorment plus

BAISSE DE MORAL - Près de quinze jours après la mise en place d'un second confinement, comment les Français vivent-ils cette nouvelle période de restrictions ? "Plutôt mal", pour près d'un tiers d'entre eux. 60% disent l'avoir déjà transgressé au moins une fois.

Alors que la pandémie du nouveau coronavirus progresse, que le reconfinement risque de s'étirer jusqu'aux fêtes de Noël, et que la crise économique s'installe, les Français sont-ils à bout ? Une chose est sûre, leur moral est en baisse par rapport au premier confinement. Ils étaient ainsi 20% à le qualifier de "mauvais" en mars et sont désormais 28% à le penser, selon une enquête de l'Ifop, commandée par Consolab, un site dédié aux comparatifs et aux guides d'achat.

Pour François Kraus, le directeur du pôle Politique et Actualité à l’Ifop, les Français risquent en effet d’avoir plus de mal à vivre ce second confinement, "notamment en raison d’un risque de saisonnalité, dans la mesure où, on le sait, les dépressions saisonnières se manifestent classiquement en novembre, période où la raréfaction des relations sociales et la baisse des températures, augmentent les états anxieux et dépressifs".

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Anxiété et troubles du sommeil

A ce blues saisonnier s'ajoute, dans le contexte actuel, une inquiétude grandissante liée au sentiment d’une crise sans fin. Et ce cocktail explosif favorise, selon notre expert, "une usure psychologique générale qui affecte en particulier les personnes déjà fragilisées avant le confinement pour des raisons diverses et variées". Résultat, 27% des Français souffrent de nervosité ou d'anxiété depuis l'annonce de ce second confinement. Avec une proportion non négligeable chez les femmes (32% contre 21% des hommes) qui sont généralement plus sujettes aux périodes de stress. 

Par ailleurs, 12% des personnes interrogées connaissent des épisodes de dépression. Autre impact, et non des moindres, 38% des Français souffrent de troubles du sommeil (parmi eux, 31% sont des hommes et 44% sont des femmes) depuis le début de cette nouvelle période de restrictions. Selon François Kraus, "ces troubles psychologiques sont étroitement liés au niveau d’isolement : plus on est isolé socialement, plus on est fragile sur le plan psychologique. Or le niveau d’isolement social des Français n’a jamais été aussi élevé, analyse-t-il. Ce qui peut être particulièrement préoccupant pour les personnes âgées ou les personnes isolées sur le plan social".

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60% des Français ont déjà transgressé le reconfinement

Ce trop-plein émotionnel va-t-il favoriser la transgression des règles de confinement ? Pour les Français confinés en solo, mais ayant un partenaire sexuel régulier ou occasionnel, la tentation est grande. Ils sont en effet 57% à avoir déjà ou à avoir l’intention de retrouver leur partenaire chez eux ou à son domicile. Principalement les hommes (69%), les jeunes de 18-24 ans (63%) et les célibataires ayant un partenaire occasionnel (68%). D'autre part, 31% ont déjà ou ont l’intention de retrouver un partenaire sexuel dans un lieu public. Principalement les hommes (42%), les 25-34 ans (40%) et les célibataires avec partenaire sexuel (37%). 

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Quant au respect des règles de déplacement, il risque, là-aussi, d'être mis à mal. Depuis le 30 octobre, 60% des Français ont transgressé au moins une fois le confinement, c’est 27 points de plus par rapport au premier huis clos en mars. On retrouve principalement le fait d’utiliser à d’autres fins que son motif officiel une attestation (24%), le fait de voir en face-à-face des membres de sa famille chez eux ou à son domicile (23%) ou des proches/amis/connaissances (20%) chez soi ou à leur domicile. Enfin, 6% des Français envisagent de changer de résidence principale d’ici la fin du confinement (4% temporairement et 2% durablement), principalement les jeunes de -25 ans (21%).

* Enquête menée par l'Ifop pour Consolab auprès d’un échantillon représentatif de 2 030 Français âgés de 18 ans et plus (dont un sous-échantillon de 1 094 salariés), par un questionnaire en ligne du 4 au 5 novembre 2020.

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