La Nouvelle-Calédonie, un territoire à l'histoire tumultueuse

Un militant du FLNKS, le 1er octobre 2020.

L'HEURE DU CHOIX - Plus de 180.000 électeurs étaient appelés aux urnes ce dimanche, une 2e fois, pour décider de l'avenir de la Nouvelle-Calédonie. L'épilogue, ou presque, d'une relation tumultueuse.

Plus de 180.000 électeurs étaient appelés aux urnes dimanche pour répondre à cette question : "Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ?" 

Comme le prévoit l'accord de Nouméa signé en 1998, il s'agit du second référendum de ce type. En novembre 2018, la Nouvelle-Calédonie avait rejeté le principe de l'indépendance avec 56,7% de "non". 

Un troisième référendum pourrait suivre si le "non" l'emportait à nouveau. En revanche, en cas de "oui", le territoire du Pacifique Sud accéderait à une pleine indépendance. 

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Référendum historique sur l’indépendance de la Nouvelle-Calédonie

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Ces ultimes étapes institutionnelles marquent l'épilogue d'une relation restée longtemps tumultueuse entre la métropole et la Nouvelle-Calédonie, cette ancienne colonie de peuplement à l'histoire ponctuée de soulèvements qui a obtenu un statut particulier dès 1944, avant que les Kanaks n'accèdent progressivement aux droits civils et que le suffrage universel ne soit institué en 1957. 

La mémoire des "Evénements" des années 1980

Marquée historiquement par d'importantes divisions politique internes, la Nouvelle-Calédonie a également vu les revendications indépendantistes monter en puissance à partir des années 1960, sur fond de revendications nationalistes, sociales, économiques mais aussi culturelles. L'émergence de ces groupes indépendantistes a donné naissance, en 1975, au Parti de libération kanak, puis au Front indépendantiste en 1979, opposé au Rassemblement pour la Calédonie dans la République. 

L'affrontement entre ces deux forces politiques a culminé au milieu des années 1980, à l'occasion de l'élaboration d'un nouveau statut pour la Nouvelle-Calédonie préparée par le gouvernement socialiste de François Mitterrand. Le Front de libération national kanak socialiste (FLNKS), successeur du Front indépendantiste, avait décidé de boycotter les élections territoriales et de mettre en place un "gouvernement provisoire" en vue d'une transition vers l'indépendance. 

Entre 1984 et 1988, les "Événements" ont marqué une longue période d'affrontements violents entre opposants et partisans de l'indépendance, débouchant sur une véritable guerre civile entre milices formées au sein des franges les plus radicales. La situation a poussé le gouvernement à instaurer l'état d'urgence et le couvre-feu sur le territoire entre janvier et juin 1985. 

Les accords de Matignon, début d'une longue transition

Un premier référendum sur l'indépendance, organisé en 1987, a été boycotté par les kanaks. Avec 98% d'électeurs favorables au maintien au sein de la République française, la consultation n'a pas permis alors d'apaiser les tensions. Celles-ci ont atteint leur paroxysme avec la prise d'otage d'Ouvéa, en 1988, lors de laquelle quatre gendarmes ont été assassinés, et 27 autres pris en otage par des indépendantistes radicaux. Le 5 mai 1988, juste avant le second tour de l'élection présidentielle, les forces spéciales - dont le GIGN - avait mené l'assaut dans la grotte où les gendarmes étaient retenus en otage. "L'opération Victor" s'est soldée par la mort de 19 indépendantistes et deux militaires. 

L'événement a précipité les négociations entre les deux camps, qui ont abouti en juin 1988 aux accords de Matignon, sous l'égide du Premier ministre Michel Rocard. Ces accords historiques prévoyaient la mise en place d'un statut transitoire de dix ans avant un référendum d'autodétermination. Ils ont conduit, en 1998, aux accords de Nouméa, qui ont renforcé l'autonomie institutionnelle du territoire et reporté à 2018 au plus tard l'organisation de ce référendum. C'est précisément ce nouveau cycle qui a été enclenché en 2018 avec le premier référendum, puis ce dimanche 4 octobre, avec le second. 

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