Réformes Blanquer : pourquoi les enseignants sont dans la rue ce samedi

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EDUCATION - Les cinq principaux syndicats d'enseignants ont appelé les professeurs à manifester ce samedi contre la loi "pour une école de la confiance", largement décriée, et la réforme du lycée sur fond de critique de "l'autoritarisme" du ministre de l'Éducation nationale.

Quand "l'école de la confiance" suscite la plus grande défiance du monde enseignant. Ce samedi, les principaux syndicats enseignants appellent à une mobilisation dans plusieurs villes de France, notamment contre la réforme du lycée sur fond de critique de l'autoritarisme du ministre de l'Éducation nationale et le projet de loi dit Blanquer, largement décrié.

Ces derniers contestent notamment l'article 1 du texte, qui mentionne le devoir d'"exemplarité" des personnels de la communauté éducative, et est interprété par certains comme "un moyen de rappeler à l'ordre ou de sanctionner des enseignants qui critiqueraient l'institution". Le vote de l'instruction obligatoire dès l'âge de 3 ans fait également grincer des dents, en obligeant les municipalités à financer la mesure pour les maternelles privées.

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"Je sais que je peux compter sur votre engagement"

Mais c'est un amendement au projet de loi qui a mis le feu aux poudres : s'il est adopté, il donnera naissance à des "établissements publics des savoirs fondamentaux", dont l'objectif sera de rassembler en une seule entité un collège et une ou plusieurs écoles du même secteur. Ce qui fait redouter à certains la disparition des directeurs d'école. Le texte a été voté le 19 février par l'Assemblée nationale et doit encore passer en mai devant le Sénat.

A la veille de cette journée d'action, le ministre de l'Education, Jean-Michel Blanquer, a écrit vendredi aux enseignants une lettre de soutien, les présentant comme à "l'avant-garde du progrès social".  "Vous êtes les premiers acteurs des politiques scolaires, qui se situent à l'avant-garde du progrès social. A ce titre, tous les Français vous doivent gratitude et respect", écrit le ministre dans son courrier, consulté par l'AFP. "Je sais que je peux compter sur votre engagement", poursuit-il. 

"Des pas, j'en fais en permanence", a-t-il également plaidé samedi après-midi, devant la caméra de LCI. "Les lignes directrices sont claires : nous voulons consolider l'école primaire en France." Le ministre de l'Education a appelé les enseignants et les parents d'élèves à "se fier à l'information réelle" et non "à une série de commentaires", assurant notamment vouloir "consolider l'école primaire rurale" et lui donner "la priorité budgétaire" avec "des créations de postes". 

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Parmi les rassemblements prévus, en région parisienne, les enseignants se sont notamment donnés rendez-vous à 14h au Panthéon et à 13h au RER B La plaine Stade de France. Dans l'est de la France, des rendez-vous sont également prévus à 10h30 devant l'inspection académique de Vesoul, et à 13H30 devant le rectorat de Besançon .

Le 19 mars dernier, nombreux ont été les enseignants à se mettre en grève lors d'une journée de mobilisation interprofessionnelle : 24% dans le premier degré, selon le ministère, 40% selon le Snuipp-FSU, premier syndicat du primaire, soit le taux de grévistes "le plus haut depuis 2017".

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