#RendezNousLaMer : les Bretons veulent rouvrir leurs plages dès le 11 mai

#RendezNousLaMer : les Bretons veulent rouvrir leurs plages dès le 11 mai
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DÉCONFINEMENT - Professionnels du tourisme, élus, habitants, passionnés de sports nautiques... Toute la Bretagne se mobilise pour que les plages de la région rouvrent dès le 11 mai. Le hashtag #RendezNousLaMer est devenu très tendance.

Les Bretons sont vent debout ! La raison ? Édouard Philippe a annoncé lors de son allocution à l'Assemblée nationale, mardi 28 avril, que les plages du pays resteraient fermées au moins jusqu'au 1er juin. L’exécutif veut notamment éviter des attroupements alors que la France s'apprête à rentrer en phase de déconfinement à partir du 11 mai. Devant cette décision, des élus locaux bretons ont décidé de monter au créneau pour que leurs littoraux puissent être de nouveau accessibles dès le 11 mai, au même titre que les parcs et jardins dans les départements classés en vert.

Pour rappel, à l’instauration du confinement, le 17 mars dernier, les préfets avaient été contraints de prendre des arrêtés visant à interdire la fréquentation des plages. De nombreuses personnes ne semblant pas prendre au sérieux les risques liés au nouveau coronavirus (covid-19) continuaient en effet à s’y rendre. 

Il faut que l'ouverture redevienne la règle et la fermeture, via un arrêté, l'exception.- Dominique Cap, président de l'association des maires du Finistère.

 "En Bretagne, nos plages sont nos parcs et jardins. Je plaide pour que, sous l’autorité des maires, nous puissions les rouvrir au plus vite sans prendre de risques pour notre santé", a ainsi déclaré sur Twitter le président de région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard (PS). Il juge la décision de poursuivre la fermeture d’autant plus injuste que les quatre départements bretons, première région littorale en kilomètres côtiers, sont tous classés en "vert" selon la dernière carte présentée ce samedi par l’exécutif en vue du déconfinement. 

"A partir du 11 mai, on pourra se promener dans un rayon de 100 km dans les parcs et les bois des départements 'verts' et on ne serait pas capable de le faire sur les grèves et les sentiers littoraux de Bretagne ?", déplore également Dominique Cap, président de l'association des maires du Finistère. L'élu a adressé cette semaine  un courrier au Premier ministre avec d'autres maires de la région. A l'entendre, "il faut que l'ouverture redevienne la règle et la fermeture, via un arrêté, l'exception". 

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De son côté, Alain Cadec, président (LR) des Côtes d'Armor, plaide quant à lui pour un "accès organisé" aux plages "dans le respect des préconisations sanitaires et sous l’autorité des maires". L’Association des ports de plaisance de Bretagne souhaite également un retour "à la liberté de navigation" dès le 11 mai, jugeant incompréhensible la décision du gouvernement d'en interdire tout accès. Les professionnels du secteur du tourisme se mobilisent eux aussi, arguant du fait que la reprise de leur activité dépend très largement de la réouverture des littoraux.

Sur le réseau social Twitter, les internautes expriment leur colère et leur incompréhension autour du hashtag #RendezNousLaMer. Une pétition en ligne lancée mardi à destination des quatre préfets de la façade atlantique avait ainsi déjà recueilli plus de 48.000 signatures ce samedi. Elle réclame une réouverture des plages du littoral "pour les surfeurs, les nageurs, les joggeurs, les promeneurs et toute autre personne pratiquant une activité physique pour une durée déterminée sans regroupement". De même, sur la page Facebook de l'association Beg-Meil Paddle Cup, qui organise des événements autour du Stand Up Paddle en Bretagne, nombreux sont les internautes à militer pour une réouverture "dynamique" des plages dès le 11 mai.

Les Bretons peuvent également compter sur leurs figures locales pour relayer cet appel. Dans une interview au journal Ouest-France, la navigatrice Anne Quéméré, qui réside dans le Finistère, s'est par exemple dite "en colère et sidérée" par la décision du gouvernement. "Lorsqu'ils ont interdit la pratique des sports de loisirs pour se focaliser sur les priorités, les évacuations sanitaires ou les secours (...) je l'ai très bien compris, mais marcher sur une plage, franchement je ne vois pas très bien où est le danger", explique-t-elle. 

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A titre de comparaison, en Espagne, où les autorités ont mis en place un confinement parmi les plus stricts d'Europe, les maires peuvent désormais décider de la réouverture des plages depuis ce samedi. Comme partout dans ce pays, leur accès était interdit depuis le 14 mars dernier. C'était notamment le cas dans la ville de San Sebastian, au Pays basque. Sur le front de mer, la police veille désormais au bon respect des règles. Et pour limiter l'afflux, des tranches horaires et des catégories d'âge ont été établies. Une solution dont se contenteraient probablement les élus bretons.

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